Le président de la République démocratique du Congo (RDC) a donné, mercredi 6 mai 2026, une conférence de presse à Kinshasa. Attendu au tournant au sujet d’une éventuelle réforme de la Constitution qui lui ouvrirait la voie à un troisième mandat, Félix Tshisekedi s’est dit prêt pour un troisième mandat, « si les Congolais » lui demandent « de revenir ». Le chef de l’État, au pouvoir depuis 2019, a néanmoins précisé que « si changement ou révision doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, par référendum »
Pour Félix Tshisekedi, une éventuelle candidature à un troisième mandat n’est plus un sujet tabou. Le président congolais a tenu, dans la soirée de ce mercredi 6 mai, une conférence de presse à Kinshasa. Pendant trois heures, le chef de l’État a pris la parole dans une salle pleine composée de journalistes et de presque tous les membres du gouvernement.
Parmi les sujets au menu, le débat autour d’une éventuelle réforme de la Constitution portée par le camp présidentiel qui ouvrirait la voie à un troisième mandat du chef de l’État, au pouvoir depuis 2019. Une initiative vivement critiquée ces derniers mois par les Églises catholique et protestante, qui mettent en garde contre toute révision de l’article 220 de la Constitution congolaise.
Sur ce sujet, le chef de l’État a dit, au palais, ce que les militants de son parti répètent depuis longtemps, avec des mots choisis et presque sans langue de bois : oui, la révision – voire un changement de la Constitution –, est un projet de longue date porté par l’UDPS, une continuité assumée, et non une improvisation ou une provocation. Mais pour désormais en justifier l’urgence, il a introduit un argument nouveau : le partenariat conclu entre Washington et Kinshasa qui exigerait, selon lui, des réformes constitutionnelles. Entre les lignes, la pression ne viendrait donc plus seulement de l’intérieur, mais aussi de l’extérieur, a laissé entendre le chef de l’État.
Puis concernant son avenir personnel, Félix Tshisekedi l’a déclaré sans ambages : « Si les Congolais me demandent de revenir, je suis à leur disposition. » Selon ses mots, « si changement ou révision doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, par référendum ».
Pas d’élections en 2028 en cas de prolongation du conflit dans l’est de la RDC
Le président congolais a par ailleurs souligné qu’en cas de prolongation du conflit dans l’est de la RDC, les élections prévues en 2028 ne pourront pas être organisées. « Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne saura pas organiser les élections en 2028. Pas parce que j’aurai refusé de les organiser. Les ressources sont là, on peut les organiser. Mais on ne va pas les organiser sans le Nord et le Sud-Kivu quand même. Comment est-ce qu’on va organiser les élections ? Regardez en Ukraine, ça fait deux ans, il devait y avoir les élections. Le monde entier a compris que le président Zelensky ne peut pas les organiser. »
Ces déclarations du chef de l’État n’ont évidemment pas tardé à provoquer des réactions. Parmi les opposants à Félix Tshisekedi, l’ancien député Claudel-André Lubaya, aujourd’hui proche de l’ex-président Joseph Kabila, estime que celui-ci apporte plus de crispations que de réponses aux attentes des Congolais. « Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit […] Le président Tshisekedi annonce [ici] urbi et orbi sa volonté de violer la Constitution de la République démocratique du Congo puisqu’il l’a lui-même dit : il ne [pourra] pas organiser les élections tant que la guerre [dans l’est du pays] continuera. Mais alors, comment va-t-il organiser un référendum ? », lance ce dernier, qui vit actuellement en exil.