Cent jours après son investiture, Romuald Wadagni a franchi, ce 1er septembre, le premier cap symbolique de son septennat. Élu sur la promesse d’un Bénin « plus loin, ensemble », le nouveau président a rapidement fixé ses priorités : renforcer le social, accélérer l’action publique, rapprocher l’État des populations et consolider la dynamique économique. Si l’heure est encore trop tôt pour dresser le bilan d’un mandat, les premières décisions permettent déjà de mesurer l’écart entre les ambitions électorales et les premiers actes posés.
Le 24 mai 2026, Romuald Wadagni accédait à la magistrature suprême avec une promesse majeure : poursuivre la transformation du Bénin tout en ouvrant une nouvelle étape davantage centrée sur le quotidien des populations. Cent jours plus tard, les premières orientations de son gouvernement donnent une lecture plus précise de la méthode présidentielle.
Pendant la campagne, Romuald Wadagni avait fait du bien-être des populations l’une des priorités de son projet de société. Education, protection sociale et amélioration des conditions de vie figuraient parmi les principaux engagements.
Dès les premières semaines du mandat, plusieurs décisions ont été annoncées. La gratuité de la scolarité dans l’enseignement secondaire public a notamment été étendue à toutes les filles à partir de la rentrée 2026-2027. Des investissements ont également été annoncés pour améliorer l’accès à l’eau et à l’électricité dans les établissements scolaires et sanitaires.
Ces mesures constituent l’une des premières traductions concrètes de la promesse d’une croissance plus proche des réalités sociales. Le défi reste désormais celui de l’effectivité sur le terrain et de la capacité de ces décisions à produire des résultats durables.
Une gouvernance sous le signe de l’efficacité
L’autre promesse de campagne concernait la modernisation de l’action publique. Le projet « Plus loin, ensemble » prévoit notamment la simplification administrative, la digitalisation des services publics et le renforcement de la participation citoyenne.
Dans les premiers jours de son mandat, Romuald Wadagni a également modifié l’organisation du travail gouvernemental, avec l’instauration d’un Conseil des ministres ordinaire mensuel, complété par des sessions extraordinaires en cas de nécessité et par un dispositif de travail interministériel. Cette nouvelle organisation traduit une volonté affichée de rationaliser le fonctionnement de l’exécutif.
Le chef de l’État avait aussi promis d’institutionnaliser des mécanismes de dialogue et de reddition de comptes avec les citoyens. Les « dialogues itinérants de redevabilité publique » figurent parmi les engagements de son programme, avec l’ambition d’associer davantage les populations à l’évaluation de l’action publique. Sur ce terrain, les 100 premiers jours apparaissent surtout comme une phase de mise en place. Les prochains mois permettront de mesurer la traduction concrète de ces engagements.
L’économie : préserver les acquis et élargir les opportunités
Ancien ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni était particulièrement attendu sur le terrain économique. Son projet présidentiel promet une économie davantage diversifiée, avec un accent sur l’agriculture, l’industrie, l’innovation, le tourisme et le développement territorial.
Durant les 100 premiers jours, le gouvernement a également procédé à une révision du budget 2026, porté à plus de 4 148 milliards de francs CFA, afin notamment d’intégrer de nouvelles priorités gouvernementales. Des mesures ont aussi concerné les producteurs agricoles et certains acteurs économiques.
Mais la principale attente demeure celle de l’emploi, particulièrement pour la jeunesse. C’était l’une des ambitions fortes du candidat Wadagni : faire en sorte que chaque territoire offre davantage d’opportunités. Sur cette promesse, les résultats devront encore être jugés à l’épreuve du temps.
Une présidence de proximité et une diplomatie active
Les déplacements du président à travers le pays et dans la sous-région ont également marqué ces premiers mois. Cette présence sur le terrain participe à la construction du style de gouvernance du nouveau chef de l’État. Romuald Wadagni semble avoir choisi une méthode combinant déplacements, annonces sectorielles et accélération de certaines décisions gouvernementales. La diplomatie constitue également l’un des axes observés au cours de ce premier trimestre, avec une volonté affichée de renforcer la coopération régionale et de maintenir la position du Bénin dans son environnement ouest-africain.
Le principal marqueur de ces 100 premiers jours reste sans doute la recherche d’un équilibre entre continuité et inflexion. Romuald Wadagni n’avait jamais fait mystère de son intention de s’appuyer sur les acquis des années précédentes. Son programme promettait toutefois d’aller plus loin sur le social, l’emploi, le développement territorial et la participation citoyenne.
Le temps de l’exécution commence
Cent jours ne suffisent pas pour juger une présidence. Ils permettent en revanche d’identifier une direction.
En trois mois, Romuald Wadagni a posé plusieurs jalons : mesures sociales dans l’éducation et la santé, réorganisation du travail gouvernemental, ajustements budgétaires, attention portée au développement territorial et multiplication des contacts avec les populations et les partenaires régionaux.
Mais le véritable test commence maintenant. Car une promesse électorale ne se mesure pas seulement à l’annonce d’une décision. Elle se mesure à son application, à son impact sur la vie des citoyens et à sa capacité à résister au temps.
Aser ABALLO
A lire aussi: