100 jours de Romuald Wadagni à la tête du Bénin : Entre discipline budgétaire et offensive sanitaire

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Cent jours après son accession au pouvoir, le 24 mai 2026, le président Romuald Wadagni impose une cadence nouvelle à l’exécutif béninois. Moins de réunions, davantage d’arbitrages financiers ciblés et une priorité affichée à la santé publique. Telle est la ligne directrice qui se dégage d’un premier trimestre marqué par la volonté de traduire rapidement les engagements de campagne en actes concrets.

 

Que peut-on retenir de trois mois de gestion au sommet de l’Etat? Dès sa première séance gouvernementale, le 28 mai 2026, le nouveau président de la République a tranché. Fini le rendez-vous hebdomadaire : le Conseil des ministres devient mensuel et se tient désormais chaque premier mercredi du mois. Les sessions extraordinaires restent réservées aux situations urgentes. Même logique pour le Comité interministériel. Son rythme est divisé par deux : deux réunions par mois seulement, les premier et troisième lundis. L’objectif est clair. Alléger l’agenda des ministres pour qu’ils quittent les salles de réunion et aillent vérifier l’exécution sur le terrain.

Au total, l’équipe présidentielle revendique des décisions structurantes adoptées sur la période, articulées autour de trois axes majeurs : la réorganisation de l’action publique, la révision du cadre budgétaire et la refondation de l’offre de soins.

 

Un budget rectifié à la hausse pour financer les priorités

Le 19 juin 2026, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité la loi de finances rectificative. Le budget général de l’État pour 2026 est ainsi porté de 3 783,984 milliards à 4 148,357 milliards FCFA.

Cette augmentation de 364,373 milliards, soit 9,6 %, est présentée par le gouvernement comme le levier indispensable pour financer les priorités issues du projet présidentiel. L’exécutif entend doter les départements ministériels des ressources requises pour accélérer la traduction budgétaire des promesses électorales, sans attendre le prochain exercice.

 

La santé érigée en chantier prioritaire

 

C’est dans le domaine sanitaire que les annonces sociales sont les plus tangibles. Le 3 juin 2026, le Conseil des ministres a créé une dotation exceptionnelle d’un milliard FCFA destinée à la prise en charge des urgences vitales dans les hôpitaux publics.

Le mécanisme vise un objectif précis : permettre aux établissements d’admettre et de soigner les cas critiques sans exiger de versement préalable, afin de lever un obstacle persistant à l’accès aux soins.
Pour ancrer cette mesure dans la durée, six structures de référence font l’objet d’un renforcement de leurs plateaux techniques : le CNHU-HKM, le CHUD de l’Ouémé, le CHUMEL, le CHUD du Borgou, le CHUZ d’Abomey-Calavi/Sô-Ava et le CHUZ Suru-Léré. Le plan prévoit l’acquisition d’équipements de cœlioscopie et de laparoscopie digestive, de dispositifs d’ophtalmologie ainsi que de laboratoires d’anatomopathologie aux normes modernes.

L’ambition affichée est de rendre effective la gratuité des urgences en donnant aux hôpitaux les moyens matériels de l’assumer.

 

Une méthode : sobriété, ciblage, résultats

Au terme de ce premier trimestre, la signature Wadagni se dessine. Elle repose sur une exigence de sobriété dans la conduite des affaires, une allocation budgétaire orientée vers des secteurs identifiés et une attente de résultats immédiats dans le service public.

 

B. KABLA

 

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