97 enfants retenus sur 1 358 candidats à Avrankou, sans qu’aucune famille n’ait eu à débourser un franc. Soouto Omnisport a présenté vendredi à Hèhou les résultats de sa campagne de détection, portée par un homme qui a lui-même été recalé du football, faute de moyens.
Sur les 1 358 enfants présentés aux séances de détection organisées dans les six arrondissements de la commune d’Avrankou, 97 ont finalement été retenus pour intégrer l’Académie de Soouto Omnisport. C’est ce bilan que John Gbenagnon, initiateur du projet et président du Bureau Directeur, a présenté à la presse vendredi 25 septembre 2026, lors d’une conférence tenue à son domicile à Hèhou, dans la commune d’Avrankou.
Entouré de son directeur régional et de son assistant personnel, spécialiste des questions économiques, le président a détaillé le déroulement de la campagne. Après une première phase de présélection ayant retenu 378 enfants sur l’ensemble des six arrondissements, une évaluation plus poussée a permis d’arrêter la liste finale à 97 jeunes talents, désormais intégrés à l’Académie et répartis selon quatre catégories d’âge, les U20, les U17, les U15 et les U13, toutes affiliées à la Fédération béninoise de football.
Point central de l’annonce, aucun des enfants sélectionnés n’aura à payer pour rejoindre l’Académie. Une gratuité que John Gbenagnon présente comme le principe fondateur de son projet, né d’une expérience personnelle douloureuse. Enfant, il avait lui-même participé à une détection de talents où, à l’issue d’une longue journée d’essais, les familles des enfants retenus avaient appris que leur sélection était conditionnée au versement de 400 000 francs CFA, une somme que ses propres parents n’avaient pas pu réunir. C’est cet épisode, resté gravé dans sa mémoire, qui a nourri sa conviction que le talent seul devait décider de l’avenir d’un enfant.
Un projet de construction d’un siège dédié à l’Académie a par ailleurs été annoncé, dans l’optique de donner au dispositif une assise durable au-delà des seules campagnes annuelles de détection.
Au fil de son intervention, le président a également souligné la dimension économique de la détection de jeunes talents, citant l’exemple d’un transfert international évalué à 90 milliards de francs CFA. Une fois les commissions fédérales et ministérielles déduites, une part conséquente de cette somme revient au club et à l’académie d’origine du joueur, ce qui illustre, selon lui, l’intérêt d’investir durablement dans la formation locale.
Interrogé par les journalistes sur les critères de sélection et sur la pérennité du dispositif, John Gbenagnon a reconnu que plusieurs difficultés continuaient de freiner la détection de talents sur le terrain. Le financement demeure irrégulier d’une année à l’autre, les interférences politiques compliquent parfois la gestion des jeunes joueurs, et le suivi psychologique des enfants reste insuffisant à mesure que leurs objectifs évoluent avec l’âge. Pour y répondre, Soouto Omnisport annonce vouloir sécuriser un financement sur au moins deux à trois années consécutives, avec l’ambition de faire accéder son club à la Division 2, seuil à partir duquel un soutien de l’État devient accessible.
Si le football demeure aujourd’hui le cœur du dispositif, le président a laissé entendre que d’autres disciplines, notamment le basket-ball et le volley-ball, pourraient progressivement rejoindre le projet, à mesure que les affiliations aux fédérations concernées se concrétiseront.
Fréjus MASSIHOUNTON