CRIET  : Le procès du commissaire Delcoz Kindjanhoundé reporté au 12 octobre

Société

L’audience ouverte ce lundi 17 août 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme n’a pas permis d’avancer sur le fond du dossier du commissaire de police Delcoz Kindjanhoundé. Le tribunal a une nouvelle fois ajourné l’examen de cette affaire, poursuivie sous le chef de rébellion visant l’ancien président Patrice Talon.

 

Le commissaire Delcoz Kindjanhoudé retourne en prison. Son procès ouvert ce lundi 17 août 2026 n’a pas évolué. Tout allait bien au début de l’ouverture du dossier, mais à la reprise des débats, le ministère public a sollicité un délai supplémentaire afin de formuler ses réquisitions. Présent à la barre, Me Julien Togbadja, conseil du prévenu, n’a émis aucune objection. La Cour, déférant à cette requête, a renvoyé la cause au 12 octobre 2026, selon les informations recueillies.

Un dossier marqué par plusieurs reports

Ce n’est pas la première fois que l’affaire est différée. Lors de sa première comparution, le 9 février 2026, l’officier avait rejeté en bloc les accusations d’incitation à la rébellion, d’incitation à la haine et de détention illégale d’armes à feu, plaidant la non-culpabilité.
Le 20 avril suivant, il avait remis aux magistrats une note écrite visant à expliciter les raisons de la vidéo polémique dans laquelle il s’en prenait à l’ex-chef de l’État. L’instance avait alors accordé un nouveau délai, jusqu’au 15 juin, pour permettre au parquet de déposer ses observations. Faute de celles-ci, le dossier revient donc une fois encore devant la chambre correctionnelle.

Une vidéo revendiquée « en tant que citoyen »

Devant la CRIET, Delcoz Kindjanhoundé a reconnu être l’auteur des images diffusées sur les réseaux sociaux. Il a toutefois tenu à préciser qu’il s’exprimait « en qualité de simple citoyen ». Selon ses déclarations, son appel s’adressait au peuple béninois en vue d’une « révolution démocratique ».

Cette posture a immédiatement suscité des questions du parquet, notamment au regard de l’obligation de réserve incombant à un fonctionnaire de police. L’élément aggravant, souligné par l’accusation : l’uniforme qu’il portait au moment de l’enregistrement.

 

Le poids du déploiement dans le nord

Pour justifier son geste, le commissaire a évoqué son affectation fin 2023 dans le septentrion, dans le cadre des opérations de lutte antiterroriste. Profondément marqué par les pertes enregistrées sur le terrain, il a déclaré aux juges avoir « vu des hommes tomber au front ».

Il a indiqué que son intervention visait d’abord à rendre hommage aux militaires décédés. Il a également affirmé avoir adressé à plusieurs reprises des notes à sa hiérarchie pour alerter sur la situation, demeurées sans réponse.

Interpellé par la Police républicaine à la suite de la viralisation de la vidéo, puis placé sous mandat de dépôt, il y est poursuivi pour des propos dans lesquels il critiquait ouvertement les institutions et évoquait une action à une date non précisée.
La CRIET se prononcera sur les réquisitions du parquet lors de l’audience du 12 octobre 2026.

B.KABLA

 

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