Invité vendredi 24 juillet 2026 de l’émission Café Coulisses à Cotonou, Codjo Hinlin, secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (COSI-Bénin), a mis en cause la gestion du dossier des Aspirants au Métier d’Enseignant. Selon lui, le retard pris dans leur reversement traduit moins une contrainte financière qu’une appréciation erronée des marges budgétaires de l’État.
Le responsable syndical décrit une réalité implacable : sans les AME, les écoles et collèges publics ne tiendraient pas.
Aux dires du SG/Cosi-Bénin, au secondaire, ils sont plus de 15.000. Au primaire, leur effectif est du même ordre. Leur volume d’heures dépasse souvent celui des agents permanents.
« Ils portent l’essentiel du dispositif d’enseignement public », a-t-il souligné.
Selon ses estimations, ils assurent près des deux tiers des activités pédagogiques. Une contribution majeure qui contraste, dit-il, avec la précarité de leur situation.
« Ces enseignants forment les futurs dirigeants et cadres du pays. Les maintenir dans une telle insécurité est préjudiciable à la nation », a-t-il déclaré.
L’argument budgétaire remis en cause
Codjo Hinlin conteste la justification avancée par le gouvernement. L’Exécutif invoque le respect des normes communautaires sur la masse salariale pour justifier l’attentisme.
Or, selon lui , les données budgétaires, la part des dépenses de personnel s’établit à environ 31 % des recettes fiscales. Le plafond fixé par les normes communautaires est de 35 %.
« Il existe donc une marge. L’intégration des AME n’entraînera pas de rupture d’équilibre. Le raisonnement actuel est erroné », a affirmé le secrétaire général de la COSI.
Quel investissement pour demain ?
Pour le syndicaliste, le débat dépasse la technique budgétaire. Il relève d’un choix de société.
« On peut ériger des routes, des ponts et des échangeurs. Mais si nous négligeons la formation, à quoi serviront ces ouvrages pour les générations à venir ? », s’est-il interrogé.
Il établit par ailleurs une corrélation entre la fragilité du cadre scolaire et la montée de comportements d’incivisme chez les jeunes. Une meilleure valorisation des enseignants permettrait, selon lui, de former des citoyens plus responsables.
Éducation, santé, agriculture : le triptyque du développement
En conclusion, Codjo Hinlin a plaidé pour une vision globale du développement, articulée autour de trois secteurs : l’éducation, la santé et l’agriculture. Il a exhorté l’État à accélérer le processus de reversement afin de donner à l’école béninoise les moyens de remplir pleinement sa mission.
Boniface KABLA
A lire aussi:
La COSI-Bénin salue une décision qui « redonne espoir » aux travailleurs
Codjo Hinlin donne les raisons du soutien de la Cosi-Benin au duo Wadagni-Talata