L’Angleterre a remporté en prolongation, face à la Norvège, un quart de finale (2-1) d’abord soporifique puis emballant avant d’être irrespirable. Grâce notamment à un doublé de Jude Bellingham, les Anglais vont disputer leur quatrième demi-finale de Coupe du monde mercredi 15 juillet (19h TU) contre le vainqueur d’Argentine-Suisse.
On attendait « l’ouragan Harry Kane », auteur de six buts depuis le début de la Coupe du monde ; à la place, on a eu Jude Bellingham, double buteur magnifique qui a sorti l’Angleterre d’un mauvais pas après avoir concédé le premier but. Le joueur du Real Madrid a permis aux siens de recoller d’abord, avant de leur offrir la victoire lors de la prolongation, au terme d’une rencontre que l’Angleterre a eu du mal à maîtriser.
Pour tout dire, on a eu vraiment peur pour ce quart de finale, parti au petit trot et rythmé comme un sprint de tortues, au point de trouver presque indécente la première pause fraîcheur au regard de l’intensité du match dans ces premières minutes. Et la chaleur, 31 degrés au Hard Rock Stadium de Miami, n’expliquait pas tout.
Deux faits illustrent ce début de match soporifique entre une Angleterre qui a le ballon et ne sait pas quoi en faire, et une Norvège, regroupée en 4-5-1, qui semble ne pas en vouloir : la première « occasion » arrive à la 29e minute avec un coup franc frappé au-dessus de la cage norvégienne par Harry Kane, et le premier ballon norvégien atterrit dans la surface anglaise à la demi-heure de jeu.
Et puis… « boum ! » Andreas Schjelderup, sur le côté gauche, ouvre le score d’une magnifique frappe du gauche qui touche le poteau de Pickford avant de finir au fond des filets (36e).
Deux buts refusés !
Pour le coup, personne ne s’attendait à ce pétard tant le « row » des supporters norvégiens faisait plus de spectacle en tribunes à ce moment que les Vikings sur la pelouse. En tout cas, cela aura le don de lancer définitivement ce quart de finale, avec les hommes de Stale Solbakken qui poussent avec des occasions de Sorloth (39e) et Odegaard (40e), avant que le premier ne gâche un super contre en oubliant son coéquipier Haaland (44e). On se demande comment l’Angleterre aurait pu se relever avec un deuxième but à ce moment de la rencontre. Mais les Three Lions ne vont pas douter bien longtemps grâce à un exploit personnel de Jude Bellingham, qui transperce la défense norvégienne avant de battre Nyland (45+2). Un autre bijou !
Enfin, ce choc annoncé, avec en tête de file les buteurs Erling Haaland et Harry Kane, répondait aux attentes. Le dernier nommé va d’ailleurs s’illustrer en inscrivant un but, finalement refusé pour hors-jeu juste avant la mi-temps (45+4).
La Norvège aura également son but refusé après que Lysaker Heggem pense redonner l’avantage sur corner à son équipe (55e). Mais après consultation de la VAR, l’arbitre français Clément Turpin annule le but à cause d’une faute dans la surface d’Erling Haaland.
De soporifique, le match tourne à l’emballement et à l’incertitude entre deux équipes qui se valent. La tension gagne les rangs des deux équipes. L’Angleterre ne se prive pas d’attaquer, face à une Norvège qui fait peur en contre avec les rentrées des virevoltants Nusa et Bobb. La barre sauve les Anglais sur une reprise de la tête d’Ajer (75e), au moment où la partie commence à devenir irrespirable. Et au moment où l’on se dit qu’on n’a pas encore vu Haaland en action.
Haaland invisible…
Mais c’est la Norvège qui est proche de la punition, avec Nyland qui tarde à dégager son ballon et se fait contrer par Spence, mais le cadre se dérobe (90+1). Une alerte qui n’a pas suffi au gardien norvégien, qui allait relâcher un ballon sur une frappe de Morgan Rogers que Jude Bellingham va convertir en but décisif.
La prolongation venait de débuter (93e) et l’Angleterre prenait les devants pour ne plus lâcher l’affaire. Malgré un penalty sifflé puis refusé à Djed Spence (99e), les hommes de Thomas Tuchel vont tenir bon. Ils vont surtout réussir l’exploit d’éteindre pendant 105 minutes le redoutable Erling Haaland, remplacé sur la fin, et qui n’a pas eu une occasion à se mettre sous la dent.
Après 2018, l’Angleterre retrouve le dernier carré mondial et attend désormais le vainqueur d’Argentine-Suisse.