Mauritanie : Grâce présidentielle pour deux députées abolitionnistes condamnées pour des critiques du président

Afrique

Elles avaient été condamnées en mai dernier à quatre ans de prison. En Mauritanie, deux députées abolitionnistes ont été graciées jeudi 9 juillet par le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem avaient été poursuivies notamment pour atteinte aux symboles de l’État et à la cohésion nationale après avoir tenu des propos critiques envers le chef de l’État sur les réseaux sociaux.

Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem étaient poursuivies pour avoir accusé le président Mohamed Ould Ghazouani de discrimination raciale envers les Noirs et les descendants d’esclaves. Leur procès, début mai dernier, s’est tenu sous haute sécurité à Nouakchott, sans procédure pour la levée de leur immunité parlementaire.

Reconnues coupables d’atteinte aux symboles de l’État, de diffamation et d’incitation à la violence, elles avaient été condamnées à quatre ans de prison et à la privation de leurs droits civiques. La justice avait par ailleurs ordonné la suppression des contenus numériques, la confiscation de leurs téléphones et la fermeture de leurs comptes en ligne.

Un peu plus de deux mois plus tard, les deux femmes, élues sous les couleurs du parti Sawab – également membres du mouvement IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste) – sont donc graciées.

« Une farce présidentielle » 

Le mouvement abolitionniste n’y voit pas un geste d’ouverture ni d’apaisement de la part du pouvoir. Il rappelle que les deux députées, privées de leurs droits civiques, perdent leur qualité de députées et que cinq de ses militants sont toujours en détention actuellement. « C’est une énième atteinte à la démocratie en Mauritanie », dénonce Youssouph Kamara, cadre du mouvement IRA.

 

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