L’entretien, dans lequel le cardinal John Onaiyekan révèle la teneur d’une récente rencontre entre le chef de l’État et une délégation de dignitaires catholiques, a été très mal reçu par la présidence qui a vivement dénoncé une telle prise de parole publique. L’affaire suscite désormais aussi d’importants débats parmi les candidats à l’élection présidentielle de janvier prochain.
Une vive polémique s’est emparée des débats entre les candidats à la prochaine présidentielle nigériane depuis que l’archevêque émérite d’Abuja a rendu public la teneur des échanges entre le président Bola Tinubu et une délégation de dignitaires catholiques composée d’une quinzaine de membres de la Conférence des évêques du Nigeria qu’il a accueillie, le 28 juillet dernier, à sa résidence d’Aso Rock.
Dans une interview télévisée, le cardinal John Onaiyekan s’est notamment fait l’écho des inquiétudes des représentants catholiques à propos de la situation dans laquelle se trouve actuellement le pays.
Le religieux a en particulier expliqué que les évêques avaient tenté d’alerter le chef de l’État sur la situation économique et sécuritaire très difficile du Nigeria, mais que celui-ci avait fait la sourde oreille. « Il n’avait pas l’air très content », a relevé le cardinal avant d’ajouter : « Nous savions bien que nos déclarations étaient un peu différentes des informations que son entourage lui communique habituellement ».
Des déclarations jugées « répréhensibles » par la présidence
Selon le cardinal, la conférence des évêques a également fait part au président de ses préoccupations à propos du paysage politique de plus en plus verrouillé et du risque que le Nigeria ne devienne « un pays à parti unique », plaidant au passage pour « une refonte du système électoral afin de garantir des élections libres et crédibles ».
Mal reçues par la présidence qui a vivement dénoncé une telle prise de parole publique, ces déclarations ne lui ont pas du tout plu, à tel point qu’elle les a jugées « répréhensibles », certains pontes du parti majoritaire allant ensuite jusqu’à suggérer que le cardinal soutenait activement l’opposition.
À l’inverse, d’autres voix se sont élevées pour prendre la défense de John Onaiyekan, estimant que ces attaques étaient typiques d’une présidence qui ne supporte pas la critique.
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