Bénin : Une fête nationale sous le signe de la décrispation

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Le Bénin célébrait ce lundi 1er août le 62e anniversaire de son indépendance. Le président Patrice Talon a assisté au défilé avec à ses côtés ceux qui l’ont toujours accusé de dérive autoritaire et d’avoir abîmé la démocratie béninoise. Une première.

La photo est inhabituelle. Dans la tribune présidentielle depuis laquelle Patrice Talon assiste au traditionnel défilé se tiennent également ses plus farouches opposants : ses prédécesseurs Nicéphore Soglo et Boni Yayi, ainsi que le chef du parti Les Démocrates, Éric Houndete. Tous ont accepté l’invitation. Soglo a écourté un séjour sanitaire pour être présent et Boni Yayi, médiateur de la Cédéao pour la Guinée, est rentré de Bissau il y a quelques jours.

La décrispation serait-elle en marche ? Le président des Démocrates estime qu’elle n’est pas encore totale. « Nous sommes venus saluer le drapeau et nous espérons que le chef de l’État entendra nos cris. Lorsqu’il m’a fait l’honneur de nous saluer, je lui ai dit que nous avons besoin de parler pour que le pays avance. Nous sommes venus donner le gage de notre disponibilité à l’apaisement », indique Eric Houndete.

Nicéphore Soglo et Boni Yayi, vêtus de boubous blancs, étaient au premier rang. « Il m’a promis la décrispation, la libération de tous ceux qui sont en prison, de ceux qui sont en exil, confie Nicéphore Soglo, resté presque tout le temps assis pendant le défilé. Moi, de toute façon, je suis comme Saint Thomas. Je ne demande qu’à voir. »

Nicéphore Soglo est très concerné. Son fils Léhadi, révoqué de la mairie de Cotonou et condamné pour abus de fonction, vit en exil en France, depuis 2017. « Je n’ai pas pris de décret pour bannir un Béninois », s’était défendu Patrice Talon lors de la visite du président français Emmanuel Macron.

RFI