Un citoyen fait des propositions à la classe politique

Opinions

La crise qui secoue la classe politique béninoise, a « au moins, le mérite de révéler que la Constitution du 11 décembre 1991 nécessite une relecture profonde pour y extirper des insuffisances congénitales et y insérer des dispositions pouvant garantir l’avènement d’une démocratie apaisée au Bénin ». C’est l’analyse de F. ADAHA EWASSADJA, Cadre de la SONACOP, Consultant en Gestion et Chercheur en Gouvernance. Il propose la correction des grandes faiblesses qui gangrènent les principaux piliers du Renouveau Démocratique notamment le Régime Présidentiel, le Multipartisme débridé et le Libéralisme économique intégral qui déploie inexorablement ses tentacules sur tous les secteurs stratégiques de l’économie nationale. La principale disposition qu’il préconise est la création d’une structure de supervision de notre système politique dénommée Organe Suprême de la République (OSR). Lire son adresse à toute la classe politique du Bénin dans l’opinion intitulée : « SOS !!! « Démocratie en péril »

« SOS !!! « Démocratie en péril »

A la veille du trentième anniversaire du « Renouveau Démocratique» que toute l’Afrique nous envie, à qui pourrions-nous aujourd’hui faire recours pour la sauvegarde de ce miraculeux système retenu à l’inédite Conférence Nationale des Forces Vives de Février 1990 ???

Depuis bientôt 30 ans, « Dieu et les Mânes de nos Ancêtres » ont épargné au peuple béninois, des situations catastrophiques à l’instar de certains pays ; et ce grâce aux interventions d’illustres médiateurs comme le Cardinal GANTIN, Mgr de SOUZA, les Présidents KEREKOU et ZINSOU, et plusieurs grands ROIS tous admis auprès de nos aïeuls; laissant le Bénin à la merci de certains « politiciens pyromanes ».
La Classe Politique béninoise toutes tendances confondues, croyant peut-être que notre pays était plus béni que d’autres, s’est de tout temps refusée de soumettre le « Renouveau Démocratique » à des diagnostics périodiques pour corriger à temps, des faiblesses qu’à force de banalisations risquent aujourd’hui de gravement ébranler ce système politique qui, trois décennies durant, n’a pu braver de graves turbulences que grâce à des compromis…

Le Chef de l’Etat sans attendre une quelconque médiation, vient à la satisfaction générale, de prendre ses responsabilités pour éviter au Renouveau Démocratique une crise majeure, en demandant une relecture expresse des lois devant régir les prochaines Elections Législatives, afin de neutraliser des virus qui ont curieusement échappé à la vigilance de toutes les Institutions de la République ; virus qui pourraient non seulement entraver une participation inclusive des partis, mais également nuire à la fiabilité des résultats.

Consensus et compromis étant toujours plus bénéfiques en phase préventive qu’à titre curatif, dans l’intérêt national, les membres de la Classe Politique devront taire leurs querelles intestines pour activement rechercher sans ruse, des dispositions légales pouvant sauvegarder le Renouveau Démocratique dont ils sont les premiers à profiter depuis 30 ANS…
Le Nouveau Départ se trouve face à sa première crise que seul son Leader est capable de désamorcer ; mais cette crise risque d’être suivie par d’autres si toute la classe politique ne s’entende enfin pour s’attaquer aux grandes faiblesses congénitales du système…
C’est pour cet engagement patriotique que dans le document de 24 pages intitulé « Les impératifs Du Nouveau Départ », adressé en Juillet 2016 à l’Exécutif ; document dont des extraits ont été publiés dans le quotidien l’Evènement Précis n 1719 du lundi 19 décembre 2016 et celui n 1720 du 21 décembre 2016 ; J’ai entre autres souligné que :
Pour sauvegarder les acquis de la Conférence Nationale, tous les acteurs politiques béninois se doivent de s’impliquer activement dans la finalisation rapide des réformes impératives que le nouveau Président de la République s’est volontairement engagé à définir et mettre en œuvre, pour la rectification pacifique du Renouveau Démocratique, afin de garantir au Bénin l’avènement d’une démocratie apaisée, condition sine qua non de toute émergence …

Mais pour ne pas risquer d’être très tôt phagocyté et finir comme le Régime du Changement, le Nouveau Départ devra démarrer par des actions nettement progressistes, notamment en matière de prise en charge des diplômés sans emploi ; en matière de protection des secteurs stratégiques de l’économie, du balisage du développent etc. Et ce, après la réalisation d’un diagnostic général inclusif de tout le système ;diagnostic général qui doit impérativement précéder la prescription des indispensables réformes multisectorielles…
C’est indubitablement le défaut de ce diagnostic inclusif, préalable à la définition et à la mise en œuvre des réformes qui est la cause originelle des remous.
En effet, sans la correction des grandes faiblesses qui gangrènent les principaux piliers du Renouveau Démocratique notamment le Régime Présidentiel, le Multipartisme débridé et le Libéralisme économique intégral qui déploie inexorablement ses tentacules sur tous les secteurs stratégiques de l’économie nationale; sans donc un amendement des dispositions desdits piliers, toute réforme en marche forcée, risque d’être incomprise…
Cette crise a au moins, le mérite de révéler que la Constitution du 11 décembre 1991 nécessite une relecture profonde pour y extirper des insuffisances congénitales et y insérer des dispositions pouvant garantir l’avènement d’une démocratie apaisée au Bénin.

La principale disposition que j’ai préconisée dans le document cité plus haut, est la création d’une structure de supervision de notre système politique dénommée Organe Suprême de la République (OSR), pour la limitation des prérogatives du Chef de l’Etat afin qu’il ne puisse un jour parvenir à mettre sous coupe réglée, toutes les Institutions de contre pouvoir.
L’OOSR aura les pouvoirs les plus étendus pour imposer au Président de la République, le respect strict de toutes les dispositions de la Constitution et des résolutions sur le Balisage du Développement Economique du Bénin.
La puissance de cet organe sera garantie par le caractère sacré des pouvoirs de certains de ses membres, et par le charisme

L’O S R pourrait avoir la composition suivante :
– Les six Rois les plus historiquement influents ;
– Les anciens Présidents de la République ;
– Les anciens Présidents de l’Assemblée Nationale ;
– Les anciens Présidents de la Cour Constitutionnelle ;
– Les anciens Présidents de la Cour Suprême.
L’Organe Suprême de la République sera présidé à tour de rôle par l’un des Rois, désigné par consultation du « FA », pour un mandat unique de cinq ans.
Garant du développement harmonieux du Bénin dans tous les domaines, de la sauvegarde des acquis du Renouveau Démocratique et de la paix sociale ; l’OSR validera ou non toutes les lois et ratifications ; le Parlement pouvant devenir monocolore et approuver sans discernement toutes les décisions de l’Exécutif…
Le grand homme d’Etat français qui a déclaré au début de l’ère des Conférences Nationales, que la démocratie était un luxe que les pays africains ne sauraient s’offrir; voulait certainement recommander aux politiciens, une certaine tropicalisation dans la mise en œuvre de ce mode de gestion de l’Etat, que les pays occidentaux ont mis des siècles à modeler…
Dans le même document, les préconisations pour la sauvegarde des secteurs stratégiques se résument comme suit :
Même s’il serait fort difficile à l’Homme d’Affaires devenu Président de la République de ne pas privilégier le libéralisme intégral de l’économie ; le leader du Nouveau Départ ne devra pas perdre de vue que c’est surtout sur sa gestion du patrimoine national qu’il sera jugé ; en effet, tout désengagement opportuniste de l’Etat sera considéré comme une tentative de faire contrôler le secteur concerné par ses propres groupes…
Mais étant donné que la mal gouvernance généralisée qui caractérise la gestion des entreprises publiques, exposera inéluctablement tôt ou tard, tous les secteurs de l’économie nationale à un risque de privatisation totale, l’Exécutif devra impérativement définir une politique générale de sauvegarde des secteurs stratégiques ; une politique qui, tout en garantissant le contrôle de l’Etat sur les entreprises publiques, permettrait une certaine libéralisation en faisant prioritairement recours à une participation systématique et conséquente de l‘Actionnariat Populaire dans l’ouverture partielle du capital social des filiales spécialisées desdites entreprises…

La filialisation des Offices et Sociétés d’Etat est en effet, la seule politique qui puisse sauvegarder la souveraineté nationale en mettant les sociétés-mères à créer dans chaque secteur stratégique, hors de portée des multinationales ; la généralisation de l’actionnariat populaire est donc le seul moyen qui permettra de crédibiliser .les actions du Gouvernement en matière de gestion du patrimoine économique national…
L’objectif fondamental de mes travaux sur la Sauvegarde des Secteurs Stratégiques est le maintien à 100% des sociétés-mères dans le giron de l’Etat ;et si besoin, ouvrir le capital social des filiales à l’actionnariat populaire, aux opérateurs nationaux et à des partenaires techniques ; pour un début de concrétisation des préceptes de « Prospérité Partagée et de Partenariat Public Privé…

Le capital social de chaque filiale sera donc systématiquement reparti de manière à garantir le contrôle de l’Etat à travers les parts de la société – mère et des communes. Le découpage de l’actionnariat pourrait se présenter comme suit :
– Etat central : …………………… 35% (au moins) ;
– Communes : …………………… 10% (au moins) ;
– Actionnariat populaire : ……. 20% (au moins) ;
– Partenaires techniques : …… 35% (au plus).
Les points forts de cette réforme se résument comme suit :
– Maintien des secteurs stratégiques dans le giron de l’Etat ;
– Contrôle à 100% des sociétés-mères de chaque secteur par l’Etat ;
– Gestion performante des filiales grâce au partenariat technique;
– Transparence dans le découpage du capital social des filiales ;
– Ouverture de l’actionnariat populaire à tout citoyen béninois ;
– Concrétisation du précepte de Prospérité Partagée ;
– Rapatriement non intégral des résultats… etc.
Si au moins ces deux préconisations fondamentales pouvaient être prises en compte d’une manière ou d’une autre, au cours des concertations par l’Exécutif et le Parlement, la Démocratie Béninoise sortirait beaucoup plus forte de la crise actuelle.

Par F. ADAHA EWASSADJA
Cadre de la SONACOP
Consultant en Gestion – Chercheur en Gouvernance
Promoteur des Cabinets Ewass-Control et Pétro-Expertisesl
Tel : 67 76 87 19 – E-mail : ewasco@yahoo.fr