Amériques : Trump condamné à plus de 350 millions de dollars d’amende pour fraudes

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Donald Trump a été condamné vendredi 16 février à New York à près de 355 millions de dollars d’amende pour une série de fraudes financières au sein de son empire immobilier, la Trump Organization. Cette décision sans précédent s’accompagne d’une interdiction de trois années pour l’ancien président des États-Unis de toute gestion d’entreprises dans l’État de New York, longtemps considéré comme la base de son empire.

Cette décision sans précédent porte un coup au patrimoine de l’ancien président des États-Unis, qui ambitionne d’être réélu en novembre. Elle s’accompagne d’une interdiction de trois années pour l’homme d’affaires et tribun républicain de toute gestion d’entreprises dans l’État de New York.

Dans un document judiciaire de 92 pages, le juge de la cour suprême de l’État de New York Arthur Engoron a privé M. Trump de la gestion de « toute entreprise ou entité juridique à New York pour une période de trois ans » et l’a condamné à payer 354,86 millions de dollars.

La procureure générale de cet État Letitia James avait porté plainte contre lui en octobre 2022 et l’avait conduit, avec ses deux fils adultes Donald Jr et Eric Trump et leur groupe familial, à un procès civil pour fraudes, d’octobre à janvier. La plus haute magistrate de l’État de New York, élue du Parti démocrate, réclamait 370 millions de dollars de dédommagement.

Elle a salué vendredi « une immense victoire pour cet État et ce pays ».

Lors d’une première réaction, Donald Trump a dénoncé un jugement « totalement bidon ». Fustigeant un « juge véreux » et une avocate générale « totalement corrompue », le républicain candidat à la présidentielle de novembre a dénoncé une nouvelle fois une « ingérence électorale », dans une publication sur son réseau Truth Social.

« Nous ferons appel » de la décision rendue par le juge Arthur Engoron, a déclaré Donald Trump devant sa propriété de Mar-a-Lago. « Il n’y a pas eu de fraude » et il s’agit « d’une instrumentalisation envers un opposant politique », y a-t-il assuré à la presse.

Quelques moments plus tôt, son avocate Alina Habba avait fustigé sur son compte X (ex Twitter) une « injustice manifeste » envers son client, victime selon elle d’une « persécution incessante », qualifiant ce jugement de « paroxysme de chasse aux sorcières menée pendant des années à des fins politiques ».

Trump père et fils ont comparu lors de ce procès fleuve, souvent dans un climat politique ultra tendu, et étaient accusés d’avoir énormément gonflé la valeur des actifs de leur empire familial Trump Organization.

« Fraudes répétées »

La procureure Letitia James les accusait d’avoir fait enfler de manière colossale durant les années 2010 la valeur de leurs gratte-ciel, hôtels de luxe ou golfs dans le monde entier, pour obtenir des prêts plus favorables de banques et de meilleures conditions d’assurance.

Certains actifs, comme la Trump Tower sur la 5e Avenue de Manhattan, sont emblématiques de la réussite de l’homme d’affaires, qui s’était lancé en politique sur son image de bâtisseur à succès. Le juge Engoron, avec qui Donald Trump a des relations exécrables, avait jugé avant même le procès la fraude constituée.

Le magistrat avait estimé que le parquet général de l’État de New York avait présenté « des preuves concluantes qu’entre 2014 et 2021, les prévenus (avaient) surévalué les actifs » du groupe de « 812 millions (à) 2,2 milliards de dollars » selon les années.

En conséquence de « fraudes répétées », le juge avait ordonné fin septembre la liquidation des sociétés gérant ces actifs, comme la Trump Tower ou le gratte-ciel de style néo-gothique et bientôt centenaire du 40 Wall Street, dans le hall duquel Donald Trump a donné quelques-unes de ses conférences de presse après les audiences au procès.

Cette décision avait été suspendue en appel.

Le juge Engoron a également souligné vendredi que le montant des amendes contre Donald Trump et ses fils (quelque quatre millions de dollars pour Donald Jr et Eric Trump) était justifié par leur comportement durant le procès.