Installés officiellement ce jeudi 30 juillet 2026 à Porto-Novo, les membres du Sénat entament leur mandat sous le signe de la complémentarité. Interrogé à l’issue de la cérémonie, Théodore Holo, sénateur, a tenu à clarifier d’emblée la nature des rapports que la chambre haute entend nouer avec l’Assemblée nationale.
Pour lui, aucune ambiguïté n’est à craindre : la Loi fondamentale a déjà tracé les contours de cette articulation. « Le texte constitutionnel prévoit déjà des passerelles précises entre les deux assemblées », a-t-il expliqué. Certaines catégories de textes — notamment les révisions constitutionnelles, la législation électorale ainsi que les dispositions relatives aux partis politiques — ne peuvent être promulguées qu’après examen par le Sénat. En pratique, cela implique un dialogue préalable : l’Assemblée transmet, le Sénat se prononce. En l’absence de remarques, la loi suit son cours. En cas de réserves formulées par la chambre haute, le texte devra être retravaillé afin d’intégrer les observations sénatoriales.
Théodore Holo a également rappelé que le Sénat ne dispose pas du pouvoir d’initiative législative. Il peut en revanche, sous conditions, solliciter une nouvelle délibération. À l’issue de cette seconde lecture, la chambre haute est parfois appelée à jouer un rôle d’arbitrage afin de permettre la promulgation, en retenant soit la version adoptée par les députés, soit celle défendue par le Président de la République.
« Tout est déjà consigné dans la Constitution. Il nous appartient désormais de nous organiser pour mettre en œuvre ces dispositions », a-t-il souligné. Loin de toute logique d’affrontement, le sénateur a insisté sur une ambition : servir la concorde nationale.
S’adressant directement aux citoyens, il a justifié l’existence même de cette nouvelle institution par l’exigence de cohésion sociale. « L’action politique doit favoriser une vie commune harmonieuse », a-t-il affirmé. Dès lors que des dysfonctionnements apparaissent, il revient aux citoyens de les signaler afin que les autorités ajustent les règles et les pratiques.
Pour Théodore Holo, la stabilité et le développement du pays reposent sur trois piliers indissociables : la liberté, la paix et la sécurité. Ces objectifs, selon lui, ne sauraient être atteints sans écoute des aspirations populaires. Il a rappelé que ce sont les contributions des Béninois, par l’impôt, et l’engagement des générations futures, à travers le remboursement des emprunts contractés, qui financent l’action de l’État. D’où la nécessité, dit-il, de prendre en compte leurs besoins concrets avant tout engagement majeur.
En conclusion, le sénateur a défini la mission du Sénat en trois termes : œuvrer pour la paix, garantir la stabilité des institutions et consolider la démocratie.
Boniface KABLA
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