Remise d'attestations à 171 détenus :  Quand la prison devient une école de seconde chance

Société

L’Agence pénitentiaire du Bénin (APB) a procédé, mardi, à la prison civile d’Akpro-Missérété, à la remise solennelle d’attestations à 171 détenus. Ces derniers viennent d’obtenir leur Certificat de qualification aux métiers (CQM), au terme de la session d’octobre 2025. Une cérémonie qui illustre l’ambition de l’État à faire de la détention une parenthèse de requalification et non une parenthèse de rupture.

Sur 173 candidats présentés dans les onze établissements pénitentiaires du territoire national, 171 ont été déclarés admis. Soit un taux de réussite de 98,84%. Un score qui dépasse la simple statistique. Il atteste, selon l’APB, de la rigueur des modules dispensés et de l’engagement des apprenants.
Les nouveaux certifiés ont été formés à des corps de métiers en forte demande sur le marché de l’artisanat : coiffure, couture, menuiserie, soudure, peinture en bâtiment, et autres spécialités manuelles. Des qualifications dûment reconnues par l’État, et donc immédiatement valorisables à l’issue de la peine.

Représentant le ministre de la Justice et de la Législation, le directeur de cabinet, Florentin Gbodou, a salué la ténacité des lauréats. Pour lui, cette réussite « traduit la volonté du gouvernement de faire des établissements pénitentiaires des espaces d’apprentissage, de transformation et de reconstruction personnelle ».

Dans le même sens, le directeur général de l’APB, François Hounkpè, a exhorté les récipiendaires à faire de leur savoir-faire le fondement d’un nouveau parcours. « L’acquisition d’un métier est un rempart contre la récidive. C’est le levier qui permet de reprendre pied dans la société et de se réinventer durablement », a-t-il déclaré.

 

De la peine à l’insertion

Avec ce programme de formation qualifiante, l’APB réaffirme une doctrine désormais assumée : la prison ne saurait se réduire à une fonction punitive. Elle doit aussi être un sas de préparation au retour à la vie active. En dotant 171 personnes privées de liberté d’un métier, le Bénin parie sur la réinsertion comme meilleure garantie de sécurité et de cohésion sociale. Un pari qui, à en juger par les résultats d’octobre 2025, semble en passe d’être gagné.

 

B. KABLA

 

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