(En un an, le nombre de plaintes et de procès-verbaux enregistrés par la CRIET est passé de 3.067 à 3.849, soit une progression de 25,50%)
À la rentrée judiciaire 2026-2027, le Procureur spécial près la CRIET, Mario Mètonou, a défendu une justice à la fois intraitable contre la grande criminalité et profondément humaine. Tout en assumant la fermeté de son institution, dont l’activité a bondi de 25,50% en un an, il a plaidé pour une action pénale fondée sur la proportionnalité, le respect des droits et la quête de justesse.
Dans une intervention à la tonalité assumée, le chef du parquet spécial est revenu sur la perception parfois sévère qui entoure la CRIET, souvent décrite comme une juridiction prompte à requérir de lourdes peines. Une réputation qu’il nuance par les chiffres : en un an, le nombre de plaintes et de procès-verbaux enregistrés par la CRIET est passé de 3.067 à 3.849, soit une progression de 25,50%. Une affluence que le Procureur interprète comme le signe d’une confiance accrue des populations et des victimes en une justice qui refuse l’impunité.
Instituée par la loi du 2 juillet 2018, la CRIET s’est imposée, selon lui, comme un rempart contre les fléaux majeurs qui fragilisent l’État : la grande corruption, la cybercriminalité et la menace terroriste qui pèse sur la partie septentrionale du pays. Pour le ministère public, la sécurité demeure la première des libertés et exige une réponse pénale à la hauteur des enjeux républicains.
Pour autant, Mario Mètonou refuse d’enfermer son action dans une logique purement répressive. Ni laxisme, ni terreur judiciaire : le Procureur spécial défend la voie de l’équilibre et de la proportionnalité. Si la fermeté doit prévaloir face à la prédation des ressources publiques et à la criminalité organisée, elle ne saurait se départir du respect scrupuleux des droits fondamentaux. La présomption d’innocence, les droits de la défense, l’individualisation de la peine et le recours exceptionnel à la détention provisoire demeurent, à ses yeux, des principes cardinaux qui donnent à la justice sa légitimité et préservent la dignité humaine au prétoire. Au-delà de la sanction, le procureur spécial ambitionne une justice qui répare autant qu’elle punit, dans l’esprit de l’arbre à palabres africain, à l’écoute du corps social.
L’autorité d’une décision, a-t-il conclu, ne se mesure pas uniquement à la lourdeur de la peine prononcée, mais à sa justesse, à sa certitude et à son utilité au service de la République.« Que notre justice reste ferme, mais qu’elle garde un cœur qui bat », a-t-il lancé en guise d’exhortation.
Boniface KABLA
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