La Cour d’appel de Cotonou a officiellement lancé son année judiciaire 2026-2027 à l’occasion d’une audience solennelle tenue vendredi 9 octobre 2026. Une cérémonie présidée par son président, le magistrat Alexis Métahou, conformément aux dispositions de l’article 18 de la loi n°2011-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin.
Pour cette nouvelle année, la juridiction a choisi un thème fort évocateur : « L’humain dans l’office du juge, gage d’une justice sociale et de paix ».Dans ses observations, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, Me Zakari Baba Body, a rappelé que le juge, avant d’être magistrat, est un être humain. Il s’est interrogé sur la capacité de l’institution judiciaire, avec ses procédures, ses délais, ses contraintes et désormais l’irruption des technologies, à continuer de percevoir l’homme derrière chaque dossier. Il a souligné que la justice étant rendue au nom du peuple béninois, elle doit demeurer fidèle à sa vocation première : servir l’Homme.
Même tonalité du côté du ministère public. Dans ses réquisitions, le représentant du Procureur général près la Cour d’appel de Cotonou, Jules Ahoga, a affirmé que la justice n’est pas une usine à décisions, mais le dernier rempart où l’on écoute encore l’Homme lorsque toutes les autres portes se sont fermées. « Dans un monde où l’on veut tout prédire, tout calculer, tout optimiser, notre mission est de rappeler qu’un justiciable n’est pas un chiffre. C’est un visage. C’est une histoire. C’est une dignité », a-t-il déclaré, invitant le juge à confronter la loi au réel et à rendre des décisions à la fois exécutables et compréhensibles.
Dans son allocution, le président de la Cour d’appel, Alexis Métahou, a salué le travail abattu au cours de l’année écoulée par les acteurs judiciaires des six tribunaux de première instance du ressort. Il a indiqué que cette rentrée s’inscrit dans la continuité de la politique judiciaire du Gouvernement, axée sur la consolidation de l’État de droit, la modernisation, la proximité et la transition numérique. En choisissant de placer l’humain au cœur de l’office du juge, a-t-il insisté, les juridictions entendent assumer pleinement leur responsabilité sociale.
Clôturant la cérémonie, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Yvon Détchénou, a salué les efforts accomplis et a exhorté l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire à plus de célérité, de professionnalisme et de qualité dans le traitement des dossiers, afin de répondre aux attentes légitimes des populations.
B. K..