100 jours à la tête de la municipalité de Cotonou : Luc Gnacadja dévoile son ambitieux plan de transformation de la ville

Actualités

Après cent jours passés à la tête de ville de Cotonou, le maire Luc Gnacadja dresse le cap de son mandat. Réforme administrative, lutte contre les inondations, mobilité urbaine, salubrité, économie populaire, transition numérique et valorisation culturelle figurent parmi les principaux chantiers qu’il entend conduire jusqu’en 2033 pour faire de la capitale économique une ville moderne, résiliente et attractive. 

Nommé à la tête de la municipalité de Cotonou pour un mandat de sept ans, Luc Gnacadja estime que ses cent premiers jours n’étaient pas destinés à multiplier les réalisations visibles, mais plutôt à jeter les bases des profondes réformes qui doivent transformer durablement la ville. Au cours d’un entretien accordé à la télévision nationale, le maire a présenté sa feuille de route baptisée « Cotonou 2026-2033 : Changer d’échelle », qui repose sur plusieurs axes stratégiques destinés à améliorer le cadre de vie des populations. 

Une administration municipale plus performante

La première priorité du maire est la modernisation de l’administration communale. Pour y parvenir, l’exécutif municipal a engagé une réorganisation interne basée sur des objectifs précis et mesurables. Le secrétaire exécutif s’est vu assigner une lettre de mission comportant des indicateurs de performance, lesquels sont ensuite déclinés à l’ensemble des directions techniques et services municipaux.

L’objectif affiché est d’instaurer une culture de résultats avec des délais clairement définis pour chaque prestation administrative. La municipalité prévoit également de poursuivre la dématérialisation des services afin de permettre aux usagers d’effectuer plusieurs démarches sans se déplacer.

Dans cette dynamique, la mairie souhaite renforcer l’utilisation de l’application « 229 Cadre de vie », qui permettra aux habitants de signaler des anomalies telles que des pavés dégradés, des caniveaux endommagés ou d’autres dysfonctionnements liés à l’environnement urbain. Une plateforme numérique destinée aux chefs de quartier est également en préparation. 

Sécuriser le patrimoine foncier communal

Luc Gnacadja a annoncé la réalisation d’un audit des réserves administratives de la ville. Selon lui, les premières investigations ont permis d’identifier un nombre de réserves foncières largement supérieur aux estimations initiales.

La mairie travaille également avec l’Agence nationale du domaine et du foncier pour harmoniser et numériser les différents registres fonciers. Cette opération vise à mieux sécuriser le patrimoine communal, à simplifier les procédures de délivrance des permis de construire et à renforcer la confiance des investisseurs privés. 

Inondations : privilégier des solutions durables

La lutte contre les inondations figure parmi les principaux défis de la nouvelle équipe municipale. Le maire rappelle que le curage précoce des caniveaux a permis une évacuation relativement rapide des eaux lors des fortes pluies enregistrées le 7 mars dernier dans plusieurs quartiers.

Mais au-delà des interventions ponctuelles, Luc Gnacadja veut adopter une approche plus durable consistant à préserver les couloirs naturels d’écoulement des eaux et à les transformer progressivement en espaces verts et en « parcs bleus ».

Selon les estimations présentées, près de 12 000 habitations seraient implantées dans des zones lacustres ou régulièrement exposées aux inondations. La municipalité envisage donc une réflexion approfondie sur le cadastre lacustre ainsi que sur l’aménagement des berges. 

Une ville plus verte

Le maire ambitionne également de renforcer considérablement le couvert végétal de Cotonou. Alors que la ville disposerait actuellement d’environ 80 hectares d’espaces verts, la municipalité souhaite porter cette superficie entre 350 et 400 hectares d’ici 2033, grâce à la création de nouveaux parcs, à la plantation d’arbres et à l’aménagement d’espaces verts le long des couloirs naturels des eaux.

‎Des interventions d’urgence ont par ailleurs été menées dans plusieurs écoles afin de permettre aux candidats au Certificat d’études primaires de composer dans de bonnes conditions, sans subir les conséquences des inondations. 

Mobilité urbaine : cap sur un transport multimodal

L’amélioration de la circulation constitue un autre chantier majeur. La mairie prévoit le remplacement des feux tricolores défaillants par un système intelligent centralisé couvrant Cotonou et le Grand Nokoué.

Le programme prévoit aussi la sécurisation des trottoirs pour favoriser les déplacements à pied, le développement du transport lagunaire entre Abomey-Calavi et Cotonou ainsi que l’accompagnement progressif des conducteurs de taxi-moto vers l’utilisation de motos électriques.

‎À terme, Luc Gnacadja souhaite mettre en place un système de mobilité multimodale intégrant zémidjans, autobus et transport fluvial avec un moyen de paiement unique. 

Salubrité : davantage d’équipements publics

Sur le volet de l’assainissement, des opérations mensuelles de salubrité sont déjà engagées dans plusieurs arrondissements.

La municipalité reconnaît toutefois l’insuffisance des poubelles publiques et prévoit leur installation progressive dans les zones d’activités. Elle annonce également la construction d’une centaine de toilettes publiques réparties sur cent sites lors d’une première phase couvrant près des deux tiers des 165 quartiers de la ville, avant une extension à l’ensemble du territoire communal. 

Soutenir l’économie populaire

Pour le maire, l’économie populaire constitue le principal moteur de l’activité économique locale puisqu’elle représenterait près de 90 % des emplois.

La mairie projecte accompagner les acteurs de ce secteur par la professionnalisation, la sécurisation foncière, la numérisation des activités ainsi que la modernisation des marchés secondaires et des marchés d’arrondissement. Plusieurs projets d’infrastructures ont d’ailleurs été confiés à la Société immobilière et d’aménagement urbain afin de maintenir des coûts d’exploitation accessibles aux commerçants. 

Diversifier les sources de financement

Conscient de l’insuffisance des ressources communales, Luc Gnacadja compte mobiliser plusieurs leviers financiers, notamment l’amélioration des recettes propres, le Fonds d’investissement communal, les partenariats public-privé ainsi que les financements des partenaires techniques et financiers.

La future gare routière pourrait ainsi être réalisée avec l’appui du secteur privé afin de permettre à la mairie de concentrer ses ressources sur des infrastructures sociales telles que les écoles, les centres de santé et les équipements de proximité. 

Numérique, culture et horizon 2030

Le programme municipal prévoit également la création de médiathèques numériques dans les établissements scolaires afin de faciliter l’accès des élèves aux outils numériques et à l’intelligence artificielle. L’amélioration de la connectivité internet dans les marchés et les espaces économiques figure aussi parmi les priorités.

Enfin, Luc Gnacadja entend faire de la culture un véritable levier de développement local en valorisant l’identité des 165 quartiers de Cotonou à travers festivals, carnavals et manifestations culturelles.

À l’horizon 2030, année du bicentenaire de Cotonou, le maire ambitionne de faire de la capitale économique béninoise une référence africaine en matière de résilience urbaine, d’innovation, de gouvernance territoriale et d’attractivité culturelle. 

‎Aser ABALLO 

 

A lire aussi:

La lettre de voiture électronique franchit avec succès sa première grande épreuve ‎