Europe : Les sites énergétiques russes sous le feu de l’Ukraine, Kiev cherche à ébranler le Kremlin

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L’Ukraine, ce 23 mai, a ​bombardé une ​usine chimique dans la ​région ‌de Perm en Russie. L’annonce de ce samedi a été faite directement par Volodimir Zelensky, ce qui n’est pas un hasard. L’usine fournissait du matériel pour l’armée russe dans la fabrication de drones et d’explosifs, a encore précisé le président ukrainien. L’armée ukrainienne vise des sites militaires mais aussi énergétiques. Un grand dépôt pétrolier a été touché la nuit dernière. Avec ces frappes, Kiev cherche à déstabiliser l’approvisionnement de l’armée et à ébranler le Kremlin.

Dernière cible en date de l’Ukraine, c’est le terminal pétrolier de Novorossiisk, sur la mer Noire. Un incendie s’est déclaré sur ce site d’exportation d’hydrocarbures dans le sud de la Russie, l’un des plus importants du pays. La chute de débris de drones a également fait deux blessés.

Depuis plusieurs semaines, l’armée ukrainienne vise avec succès les sites pétroliers. On apprenait, mercredi ‌20 mai, que quasiment toutes les grandes raffineries du ​centre de la Russie avaient été contraintes d’interrompre ou de limiter leur production à cause de ces attaques. L’objectif de Kiev est évident : déstabiliser le pouvoir russe en le privant d’une de ses premières sources de revenus : le pétrole.

Pas plus de vingt litres d’essence… 

Moscou a beau démentir toute pénurie d’essence, le carburant est désormais rationné à Sébastopol, la plus grande ville de ​Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie. Il est désormais interdit de prendre plus de vingt litres d’essence par voiture, a annoncé le gouverneur qui n’a pas expliqué pourquoi ce rationnement était instauré. Moscou, sous la pression des attaques incessantes de l’Ukraine, a déjà décidé d’interdire les exportations de carburant jusqu’à la fin du mois de juillet 2026.

 L’Ukraine vise régulièrement la Russie et les territoires occupés en représailles aux bombardements quotidiens dont elle fait l’objet. Les attaques de drones de chaque côté du front sont largement montées en puissance depuis l’année dernière, Kiev et Moscou étant désormais capables d’envoyer chaque nuit des centaines de ces engins sur l’adversaire. Le week-end dernier, l’une des frappes ukrainiennes les plus massives sur la Russie depuis le début de la guerre avait fait quatre morts. Elle intervenait deux jours après que 24 personnes avaient péri à Kiev, où un missile russe avait rasé une section entière d’un immeuble d’habitation.