Expropriation et déguerpissement à Togbin Daho : Les explications du gouvernement 

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Face aux vives polémiques et aux interrogations suscitées par les opérations d’expropriation et de déguerpissement en cours à Togbin Daho, l’exécutif monte au créneau. Invité à s’exprimer sur le sujet, le Ministre et Porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a apporté des éclaircissements majeurs sur les motivations et les objectifs de cette mesure d’utilité publique.

Les raisons d’une décision « difficile mais indispensable »

 

Selon le gouvernement, ces interventions de grande envergure s’inscrivent dans la droite ligne de la dynamique de développement impulsée par la Route des Pêches. La forte attractivité de cette zone — située à cheval entre Cotonou, Abomey-Calavi et Ouidah — a entraîné une occupation anarchique et galopante des berges et des plans d’eau, au mépris des règles d’urbanisme.

Un tel étalement urbain pose de multiples problèmes critiques :

  • La menace sur les écosystèmes : Les zones de mangroves, protégées à l’échelle internationale, subissent une pression accrue (l’impact ayant notamment pesé sur l’avancement du projet de village de vacances Club Med à Avlékété).

  • Le risque d’inondations majeures : L’obstruction des plans d’eau et des couloirs naturels d’écoulement expose directement les populations à des catastrophes naturelles incontrôlables.

« Le gouvernement a dû prendre la décision difficile, certes, mais indispensable pour préserver l’environnement et la sécurité des populations (…) de dire qu’on va déplacer les gens qui y sont installés en procédant au rachat des propriétés de ceux qui sont en règle », a martelé Wilfried Léandre Houngbédji.

Un projet d’aménagement d’envergure pour la région

À terme, ces espaces libérés permettront de concrétiser une vision structurante pour le littoral : rendre le plan d’eau navigable jusqu’à Ouidah et aménager des voies dédiées aux mobilités douces (piétons, cyclistes, motocyclistes et véhicules légers) le long des berges.

Dialogue et concertation avec les populations impactées

Tordant le cou aux rumeurs d’accaparements abusifs des terres, le Porte-parole du gouvernement a tenu à rassurer quant au respect des droits des propriétaires et des résidents. Des échanges constructifs ont déjà eu lieu entre les autorités (Ministère du Cadre de vie, préfets, maires) et les représentants des personnes affectées.

Si les populations ont exprimé leur adhésion de principe à cette ambition salvatrice pour le pays, elles ont également soumis des doléances légitimes sur lesquelles l’exécutif s’est penché avec attention. Le gouvernement réaffirme ainsi sa volonté d’agir dans la transparence, soulignant qu’une inaction aujourd’hui équivaudrait à « une fuite de responsabilité » face aux périls de demain.

A.C.C.

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Intégralité des propos du porte-parole

« On a vu le développement du périmètre de la route des pêches, qui a généré une certaine tension sur cette zone, dont une partie se trouve dans Cotonou, donc littoral, et une partie dans l’Atlantique, à Abomey-Calavi, Ouidah notamment. Et puis, cette tension a malheureusement aussi conduit à s’installer anarchiquement, sur les berges et parfois même sur les plans d’eau. Il y a eu un tel engouement aujourd’hui que toute la berge est pratiquement occupée. Et nous sommes dans une zone, par ailleurs, où vous devez voir qu’il y a beaucoup de mangroves. Les mangroves aujourd’hui sont une espèce protégée au plan international. La prise en compte des mangroves nous a fait avoir, par exemple, beaucoup de retard sur le projet de construction d’un village de vacances de type Club Med à Avlékété. Les conséquences, c’est quoi ?

Le plan d’eau est occupé, obstrué même. Donc le couloir naturel de l’eau s’en trouve accaparé par les habitations. Cela favorise à terme des inondations et parfois des inondations d’ampleur incontrôlée. Voyez le PAPC, le Programme d’assainissement pluvial de la ville de Cotonou, qui a permis de rediriger tant soit peu les eaux vers leur couloir naturel. Et ce n’est même pas encore fini, mais on voit l’impact positif sur la ville. Si rien n’est fait, là où les berges sont ainsi anarchiquement occupées, lorsque les eaux vont être écoulées normalement, à un moment donné, ça va créer davantage de dégâts sur cette partie-là du territoire.

Donc le gouvernement a dû, face à cela, prendre la décision difficile, certes, mais indispensable pour préserver l’environnement, mais aussi préserver la sécurité des populations qui sont là aujourd’hui et demain, de dire on va déplacer les gens qui y sont installés en procédant au rachat des propriétés de ceux qui sont en règle, et on va aménager les lieux pour rendre à terme navigable le plan d’eau jusqu’à Ouidah, mais aussi aménager les berges pour que des véhicules légers, des cyclistes, des motocyclistes, des piétons puissent y passer.

C’est un projet d’envergure. Maintenant pour les personnes concernées, non. Personne ne dit aujourd’hui que l’État prend sa propriété pour revendre au plus offrant. Ce n’est pas vrai. Je peux vous dire, avec le ministre du Cadre de vie, avec les préfets, avec les maires, nous avons rencontré les représentants des personnes affectées par ce projet. Toutes ces personnes nous ont dit : Nous comprenons l’ambition du gouvernement et nous ne pouvons jamais nous opposer à un projet du gouvernement, parce que nous sommes convaincus que c’est pour notre bien, c’est pour le bien de notre pays. Nous vous accompagnons. Mais nous avons des doléances. Et puis ils ont exposé leurs doléances. Nous avons pris note et nous avons rendu compte.

Et soyez rassurés, le gouvernement fait ça pour protéger les populations qui y sont aujourd’hui, celles qui seront là demain, protéger aussi notre environnement. Et si on ne le faisait pas aujourd’hui, ce serait une fuite de responsabilité, parce que les conséquences demain seraient autrement plus graves que celles que nous déplorons aujourd’hui »

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