Mort d'Elizabeth II : Les Britanniques pleurent la mort de leur reine

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L’annonce de la mort de la reine Elizabeth II est a été un choc auquel les Britanniques étaient préparés depuis le milieu de journée et la publication d’un communiqué inquiétant sur l’état de santé de la monarque. Nombre d’entre eux se sont réunis pour rendre hommage à la reine dans le pays.

À Londres dans l’après-midi, des sirènes et un hélicoptère se font entendre. Les Britanniques sont encore peu nombreux devant Buckingham, mais la rumeur monte et l’inquiétude avec, rapporte notre envoyé spécial à Londres, Thomas de Saint-Léger. « Je suis venu juste après le travail. C’est le cœur de Londres ici. La Maison de la Reine, c’est là où il faut être maintenant, même si j’espère que rien ne va se passer », déclare un Londonien. C’est dit sans y croire sous la pluie. Londres est triste. Les regards dans le vide. Je veux soutenir la Grand-Mère de l’Europe, lance une touriste française présente. On parle alors d’Elizabeth au présent.

À 18h30 heure locale, la nouvelle redoutée tombe et est accueillie en silence par une foule déjà conséquente. Le drapeau du Palais est mis en berne et des larmes coulent sur le visage d’une jeune femme inconsolable : « C’est un moment très très triste. Elle va beaucoup nous manquer. On savait que cela devait arriver, mais en même temps, on ne réalise pas. Je ne sais pas si mon pays sera toujours le même après elle. »

Un pays triste, mais uni. Par vague, les Britanniques, toutes générations confondues, ont afflué dans la soirée vers Buckingham des fleurs à la main pour dire adieu à leur reine et à toute une époque. « C’est important pour moi d’être là parce qu’Elizabeth était un repère dans le monde. Elle était reine depuis tellement longtemps depuis les années 50, ça fait 70 ans, s’exclame Nick. La planète a connu beaucoup de changement pendant son règne, mais elle était toujours là à la même place. Maintenant, elle n’est plus là. C’est un Monde complètement différent sans elle. Je souhaite bonne chance à Charles. C’est quelqu’un d’intéressant, avec des idées modernes. »

Inquiète, une Londonienne venue rendre hommage à la reine se demande ce qu’il va se passer : « C’est la fin d’une époque. On n’a jamais connu ça. Qu’est-ce qui va se passer maintenant ? Je ne dirais pas que je suis effrayée, mais bon ça va être très différent. Elizabeth nous a toujours paru solide, stable comme reine, donc il y a un peu d’incertitude. »

« Elizabeth était un repère dans le monde »

À l’autre bout du pays, en Irlande du Nord, près du château de Hillsborourgh, la pluie ne cesse de tomber. Les bougies apportées par des badauds s’éteignent comme celle de Michael. Les fleurs suffiront finalement, avec une photo en famille devant le château pour dire au revoir : « On pense qu’il faut lui rendre hommage. Ma petite sœur a écrit une carte pour la Reine, on l’a amené pour la mettre avec les fleurs. Ça dit : “Merci d’avoir inspiré toute une génération. Merci pour vos 70 ans de services”. Elle a toujours été une Reine pour nous tous. »

Quand on est enfant, on a déjà conscience de la présence de la famille royale. Elle est vraiment ancrée dans la culture britannique. Les événements comme le discours de la reine à Noël sont très importants. J’aime cette tradition et la stabilité que cela apporte au pays.

La reine et ses sujets, un lien exceptionnel

Cette reine est importante pour la communauté unioniste majoritairement protestante, rappelle notre envoyée spéciale à Hillsborough, Laura Taouchanov. Pour John, se montrer devant ce portail noir, c’est prouver que la culture britannique ne s’éteint pas avec elle : « J’espère qu’il ne va pas y avoir trop de changements et une transition douce. Il y aura toujours des gens qui ne la respecteront jamais. Un pub à Belfast va organiser une fête pour sa mort. C’est mal. C’était une mère, une grand-mère. Notre monarque ! Ça va être dur de la remplacer, c’est une femme incroyable. »

Désormais, l’héritage de leur culture britannique sera porté par Charles III. Sa visite lundi dans ce même château est très attendue par ces fidèles de la couronne, très attachés au maintien de la province dans le Royaume-Uni.