Ligue des champions : Le PSG et le Basaksehir quittent le terrain après des propos racistes

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La rencontre de Ligue des champions entre le Paris SG et les Turcs de Basaksehir Istanbul a été interrompue à la 16e minute mardi 8 décembre et les joueurs sont rentrés au vestiaire, après un incident supposé raciste impliquant le quatrième arbitre de la rencontre. Une première en Ligue des champions. La rencontre est reportée à mercredi 9 décembre à 17h55 TU.

Drôle de rencontre ce soir au Parc des Princes entre le PSG et le Basaksehir Istanbul. Lors de la sixième et dernière journée de phase de groupes, à la 23e minute, les joueurs turcs sont rentrés au vestiaire après plusieurs minutes de discussion au bord du terrain. Le match s’est interrompu à la 16e minute, après un incident supposé raciste impliquant le quatrième arbitre de la rencontre.

« He said « negro » »

Pierre Achille Webo, entraîneur adjoint stambouliote, dénonce des propos racistes du quatrième arbitre à son encontre. La rencontre a dégénéré à la 14e minute, lorsque des membres du staff turc, excédés, ont crié leur colère, audible dans un stade à huis clos : « He said « negro » », ont-ils lancé en direction du quatrième arbitre Sebastian Coltescu. Ce dernier venait de signaler à l’arbitre principal Ovidiu Hategan, roumain comme son collègue, la réaction trop véhémente à son goût de Pierre Achille Webo, ancien attaquant, membre camerounais de l’encadrement du Basaksehir, après une décision arbitrale.

La confusion est encore montée d’un cran quand le directeur de jeu a expulsé Pierre Achille Webo du banc de touche. Les joueurs ont commencé à s’agglutiner sur le bord du terrain, appelés notamment par l’attaquant remplaçant de Basaksehir Demba Ba, l’international sénégalais natif de la région parisienne, très remonté. Un dialogue a commencé entre joueurs, l’arbitre et le délégué de l’UEFA, sans parvenir à une issue. Neymar et Kylian Mbappé ont notamment été au centre des discussions. Alors que l’UEFA avait annoncé une reprise à 22 heures, le club turc n’étaient toujours pas enclin à revenir sur la pelouse. Vers 22h30, les joueurs du Basaksehir Istanbul ont indiqué qu’ils ne souhaitaient pas reprendre la rencontre. « Je pense que c’est un geste de solidarité qui aurait dû intervenir depuis très longtemps », a déclaré l’ancien gardien camerounais Joseph-Antoine Bell sur RFI.

Une tournure politique

Le ministre turc des Sport a très rapidement condamné les propos censés avoir été proférés par le quatrième arbitre et a apporté son soutien au Basaksehir Istanbul. L’UEFA devrait ouvrir une enquête très rapidement. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lui aussi réagi en  dénonçant « fermement » le racisme et en appelant l’UEFA à agir. « Je suis convaincu que l’UEFA prendra les mesures qui s’imposent », a écrit M. Erdogan sur Twitter.

Cet épisode a suscité d’autres réactions en Turquie, où les clubs stambouliotes rivaux de Basaksehir, ainsi que plusieurs ministres du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, ont exprimé leur solidarité sur Twitter. « Nous soutenons l’attitude honorable de Basaksehir face au racisme, qui est un crime contre l’humanité », a ainsi tweeté le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu. « Non au racisme ! », a-t-il ajouté. Champion en titre de Turquie, Basaksehir est connu pour ses liens étroits avec le président Erdogan.

Pendant ce temps, Leipzig, demi-finaliste de la dernière édition de la Ligue des champions, se qualifiait pour les 8es de finale en battant Manchester United 3-2, et qualifiait le Paris SG du même coup, grâce à un début de match tonitruant.

Avec RFI

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