Invité de l’émission « Face à l’Actualité » sur la SRTB ce dimanche 18 octobre 2026, le Porte-parole du Gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a apporté des précisions sur le projet de budget 2027, transmis à l’Assemblée Nationale et s’élevant à 4.757 milliards de francs CFA.
Aux côtés des journalistes Marcel Ahossi de la Srtb et Éric Guédénon de Canal 3, le ministre est revenu sur les grandes orientations annoncées en Conseil des Ministres : le logement, la santé, les infrastructures routières, l’aménagement du littoral et la création de nouvelles structures économiques.
Budget 2027 : le social et le territorial au cœur des priorités
Selon le Porte-parole, le budget 2027 traduit la volonté de l’Exécutif de consolider les acquis tout en accélérant le développement territorial.
Sur le volet logement, il s’agit de poursuivre la politique de construction de logements sociaux et économiques pour répondre à la forte demande urbaine, notamment à Cotonou et dans les villes secondaires.
En matière de santé, l’accent sera mis sur le renforcement du plateau technique, la poursuite de la construction et de l’équipement des centres de santé, et l’amélioration de l’accès aux soins de proximité.
Le volet routes et aménagement du littoral reste également central, avec la poursuite des grands chantiers routiers structurants et la protection et la valorisation du littoral béninois, enjeu économique et environnemental majeur.
Carburant : « Ce n’est pas une pénurie »
Interpellé sur les difficultés d’approvisionnement en essence observées ces dernières semaines, Wilfried Houngbedji a reconnu une affluence plus forte que d’habitude dans certaines stations de Cotonou et de l’intérieur du pays. Il a toutefois écarté toute situation de pénurie.
Il a expliqué cette résilience par deux choix stratégiques : la multiplication des stations-services modernes sur l’ensemble du territoire et la réforme du système d’approvisionnement en hydrocarbures. « Avant, nous avions au mieux des réserves pour un mois. Aujourd’hui, nous avons des réserves pour un trimestre, voire un semestre », a-t-il souligné.
Il a ajouté que la flambée des prix internationaux a été contenue grâce à un arbitrage du Chef de l’État, qui a choisi de ne pas répercuter intégralement le prix du marché afin de préserver le pouvoir d’achat.
Les pôles de développement : créer de la richesse au plus près des populations
Revenant sur la création des pôles de développement territorial, le Porte-parole a estimé que la réforme de la décentralisation, engagée depuis quatre ans, a déjà permis une meilleure mobilisation des ressources propres et un renforcement des profils techniques dans les 77 communes.
Cependant, a-t-il reconnu, la faiblesse historique de la décentralisation reste financière. C’est pour y remédier que l’État a multiplié par près de 10 les transferts via le FADEC et mis en place le Fonds d’Investissement Communal (FIC).
Les pôles, a-t-il expliqué, ont une vocation purement économique : mutualiser les atouts de deux ou trois communes pour créer des unités industrielles, attirer les entreprises et générer des emplois au plus près des populations, afin que les jeunes n’aient plus besoin de s’exoder vers les grandes villes.
Rassurant les élus, il a insisté : les Délégués généraux qui dirigeront les pôles n’auront aucun lien hiérarchique avec les maires et les préfets. « Les préfets conservent toutes leurs prérogatives, comme les maires. Il s’agit d’aller plus loin ensemble », a-t-il conclu.
Boniface KABLA