L’étau judiciaire se resserre autour de l’activiste béninois Kémi Séba. Lors de l’audience tenue le 22 mai devant la justice sud-africaine, le mandat d’arrêt international émis par le Bénin via Interpol a été officiellement pris en compte par le tribunal.
Une nouvelle étape qui ouvre désormais le volet extradition dans ce dossier aux multiples ramifications. En attendant la prochaine audience fixée au 14 juillet sur cette procédure, l’activiste reste maintenu en détention en Afrique du Sud.
Réunie pour examiner la demande de liberté sous caution introduite par les avocats de Kémi Séba et de ses coaccusés, la juridiction sud-africaine a rejeté la requête. Le militant béninois devra comparaître à nouveau le 8 juin prochain aux côtés de son fils et de François van der Merwe dans le cadre des poursuites engagées pour séjour irrégulier et tentative de sortie clandestine du territoire sud-africain.
Selon plusieurs observateurs, l’activiste souhaitait profiter de cette audience pour transformer les débats judiciaires en tribune politique. Mais le tribunal a opposé une fin de non-recevoir à sa demande de prise de parole, maintenant les échanges dans un strict cadre procédural.
Pendant ce temps, les autorités béninoises passent à la vitesse supérieure. Après avoir laissé la justice sud-africaine conduire les premières investigations, Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a officiellement enclenché la procédure internationale visant le retour de Kémi Séba au Bénin.
Pour rappel, deux mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre lui par le parquet spécial près la CRIET. Le premier, en date du 13 juin 2025, concerne des faits présumés de blanchiment de capitaux. Le second, délivré le 12 décembre 2025, vise des accusations d’apologie de crime ainsi que d’incitation à la haine et à la violence, dans le contexte de la tentative de coup d’État déjouée du 7 décembre 2025 au Bénin.
A. ABALLO