Djibouti : La fédération de football éclaboussée par des accusations de corruption

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Accusée de favoritisme et de mauvaise gestion des fonds versés par la Fifa et ses partenaires, la Fédération de football de Djibouti fait face à la colère des clubs locaux et à des démissions internes, sur fond de comparaison avec le modèle réussi du Cap-Vert.

Le petit pays de la Corne de l’Afrique,  Djibouti, est englué dans une affaire de corruption dans le football après qu’un audit gouvernemental a accusé sa fédération, largement financée par la Fifa, de favoritisme et de procédures d’appels d’offres inadéquates.

Les acteurs du football djiboutien sont donc furieux contre leur fédération en raison d’allégations selon lesquelles celle-ci aurait mal utilisé l’argent provenant de l’instance dirigeante du football mondial, qui fournit la grande majorité de son financement.

Des fonds versés par l’Arabie saoudite pour un nouveau siège de la Fédération de football de Djibouti auraient également été détournés de leur usage prévu.

Un dirigeant de club local, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré à l’AFP que son équipe boycotterait le championnat de cette année à moins qu’un changement de direction n’intervienne.

Il a affirmé : « Les ressources de la fédération djiboutienne ne sont pas utilisées pour le développement du football ».

Et d’ajouter : « Quand je vois ce que le Cap-Vert est capable d’accomplir… je me dis qu’il y a un problème structurel au sein de notre fédération ».

Favoritisme et surfacturation

Les allégations proviennent d’un rapport d’inspection gouvernementale de 2024, récemment obtenu par l’AFP, qui accuse la fédération de « favoritisme » dans l’attribution du contrat pour le siège, ainsi que de surfacturation pour de nombreux éléments du contrat.

La Fifa, qui, avec la Confédération africaine de football (CAF), fournit plus d’un million de dollars par an à la fédération djiboutienne, n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Un membre de la fédération djiboutienne, Mohamed Elmi Farah, a démissionné de son comité exécutif le 12 août, exprimant des « préoccupations concernant la gestion et l’utilisation des ressources de la fédération ». Il n’a pas répondu aux questions de l’AFP.

Souleiman Hassan Waberi, le dirigeant de longue date de la Fédération de football de Djibouti, a déclaré à l’AFP que la fédération avait été blanchie de tout méfait par la Fifa.

Blanchie par la Fifa ?

« La Fifa nous a officiellement confirmé que, à ce jour, ses mécanismes de contrôle n’ont révélé aucune indication de mauvaise utilisation des fonds qu’elle a versés », a indiqué Waberi, qui siège également au Conseil de la Fifa en tant que représentant de la CAF.

La CAF est un soutien majeur du président de la Fifa, Gianni Infantino, qui a récemment suscité la controverse avec ses projets d’ouverture de la Fifa aux investisseurs privés.

Waberi a reconnu des « lacunes en matière d’appels d’offres » dans « certaines opérations », mais a imputé ces problèmes à la disponibilité limitée de nombreux biens à Djibouti, qui compte seulement un million d’habitants, et a assuré que les procédures s’étaient depuis améliorées.

Le gouvernement n’a pas répondu aux questions de l’AFP.

Djibouti, dirigé par le président Ismaël Omar Guelleh depuis 1999, se classe 124ᵉ sur 182 pays dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International.