La Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB) rejette le maintien du vote électronique pour les prochaines élections professionnelles, annoncées pour mars 2027. La centrale syndicale réclame un retour au bulletin papier, avec des bureaux de vote et un dépouillement public.
La contestation est désormais affichée. Dans une déclaration rendue publique le 25 septembre 2026 et signée de son secrétaire général, Kassa Mampo, la CSTB s’oppose au recours au vote électronique pour la quatrième édition des élections professionnelles.
Selon la centrale, le gouvernement a annoncé, le 17 septembre dernier, la tenue du scrutin en mars 2027, tout en maintenant le système de vote électronique. Une option que la CSTB dit ne pas accepter, en s’appuyant notamment sur son expérience du scrutin de 2021. Rapporte l’investigateur
La CSTB met en avant les difficultés de 2021
La centrale syndicale rappelle que les élections de 2001 et 2006 s’étaient déroulées au bulletin secret. En 2021, le vote électronique aurait, selon elle, été introduit en cours de processus sans concertation préalable. Elle évoque notamment des insuffisances dans les listes électorales, l’absence de bureaux de vote et une centralisation du scrutin dans un dispositif contrôlé par l’administration.
La CSTB dénonce également plusieurs dysfonctionnements présumés, notamment des écarts entre le nombre de votants affiché et celui des inscrits, ainsi que des cas où des électeurs auraient été déclarés comme ayant déjà voté. Elle estime que l’absence de trace papier limite les possibilités de contestation locale.
Un retour au bulletin papier réclamé
La centrale syndicale soulève aussi la question de l’accès à internet et aux téléphones Android, estimant que ces contraintes peuvent compliquer la participation de certains travailleurs. Elle cite par ailleurs l’abandon du vote électronique pour certains scrutins professionnels dans plusieurs pays africains et européens.
Face à ces préoccupations, la CSTB demande au gouvernement de revenir au vote manuel à bulletin papier. Elle souhaite également la mise en place de bureaux de vote, une liste électorale fiable, ainsi qu’un dépouillement public sanctionné par des procès-verbaux.
Pour Kassa Mampo, la transparence du scrutin constitue une condition pour faire émerger des représentants syndicaux dont la légitimité puisse être reconnue par les autorités
A. A