Affaire de fraude bancaire  : La Criet confirme en appel 10 et 20 ans de prison pour Désiré Vodonou et Wilfried Ayatodé

Economie & Tech

La chambre des appels de la CRIET a tranché ce lundi 8 juin 2026. L’ex-député Désiré Vodonou et l’homme d’affaires Wilfried Ayatodé voient leurs condamnations maintenues à 10 et 20 ans de prison ferme. La Cour ordonne aussi la saisie d’un important patrimoine immobilier et bancaire.

 

C’est un nouveau coup dur judiciaire pour Désiré Vodonou. Déjà condamné en novembre 2025 dans une autre affaire, l’ancien parlementaire écope cette fois encore de 10 ans d’emprisonnement ferme. La décision a été rendue par la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, qui siégeait sur un dossier de fraude monétique par cartes bancaires.

Pour statuer, la juridiction a d’abord annulé le jugement n°0037/REFP/2023/CRIET du 20 juillet 2023, invoquant une violation de la loi. Elle s’est ensuite penchée sur le fond, à la suite des recours introduits par plusieurs prévenus et par le parquet spécial.

 

Des qualifications revues et des peines alourdies

À l’issue des débats, la Cour a requalifié les faits reprochés aux principaux mis en cause. Wilfried Ayatodé est désormais reconnu coupable de recel de données informatiques, vol et blanchiment de capitaux. Il est condamné à 20 ans de prison ferme, assortis d’une amende de 314 millions de francs CFA.

De son côté, Désiré Vodonou, tout comme l’informaticien sénégalais Sérigne Abdoul Aziz Sy, est déclaré coupable des mêmes chefs. Chacun écope de 10 ans d’emprisonnement ferme et de 314 millions FCFA d’amende.

Concernant les autres prévenus, la Cour a fait du cas par cas. S.K. est condamné pour complicité de vol à 5 ans de prison, dont 2 ans ferme, plus 1 million FCFA d’amende. En revanche, Yaois Onishango, Meïssa Selim Issiakou et Offin Samson Odou sont relaxés purement et simplement. Fanou Cocou David Roger bénéficie, lui, d’une relaxe au bénéfice du doute.

 

Un patrimoine massivement confisqué

Au-delà des peines privatives de liberté, la CRIET frappe au portefeuille. L’arrêt ordonne la confiscation, au profit de l’État béninois, de nombreux biens appartenant aux condamnés.

Pour Désiré Vodonou, la liste est longue : immeubles à Cotonou Fifadji et plusieurs propriétés à Godomey Hlouacomey et Salamey, un R+3 face à l’église protestante de Godomey, quatre maisons à Tori-Agbe, des biens à Womey, un immeuble à Cana en bordure de la RNIE, ainsi que des parcelles à Zogbodomey, Avlamè et Magnonmè.

Wilfried Ayatodé n’est pas épargné. La Cour ordonne la saisie des soldes de ses comptes logés à la BOA, Orabank, BIIC et UBA. S’y ajoutent des véhicules Kia, Toyota et Nissan Rogue, ainsi qu’une parcelle non bâtie à Abomey-Calavi.

 

Plus de 628 millions FCFA pour Orabank Bénin

Sur l’action civile, la chambre des appels a donné raison à Orabank Bénin SA, constituée partie civile. Wilfried Ayatodé, Désiré Vodonon et Sérigne Abdoul Aziz Sy devront lui verser solidairement 628 539 600 FCFA à titre de dommages-intérêts.

Par ailleurs, la contrainte par corps a été fixée à un an pour les frais et à un an pour les amendes et dommages-intérêts. Les condamnés disposent de trois jours pour se pourvoir en cassation.

 

Un passif judiciaire déjà lourd pour Vodonou

Ce verdict intervient alors que Désiré Vodonon traîne déjà une autre condamnation. Le 17 novembre 2025, la même chambre des appels avait réduit de 14 à 7 ans sa peine dans le dossier dit de la « casse d’une banque ».

Dans cette première affaire, l’ex-député de Zogbodomey est en détention depuis novembre 2022. Le parquet avait évoqué une opération de type « server to server » visant à infiltrer le système informatique de la BGFI pour y injecter des fonds venus de Russie. Le ministère public y voyait une manœuvre de blanchiment de capitaux, facilitée par un banquier et un informaticien.

 

B.K.

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