À trois semaines de l’entrée en fonction de Romuald Wadagni, président élu du Bénin, une procédure judiciaire vient d’être enclenchée devant la Cour constitutionnelle. L’enjeu : l’impossibilité de réunir le bureau du Sénat pour la cérémonie officielle de prestation de serment du 24 mai prochain.
Saisie d’un recours le 28 avril, la haute juridiction tiendra une session plénière extraordinaire ce mardi 5 mai a partir de 15 heures. Le recours dont elle est saisie demande de prendre acte d’un obstacle matériel : le Sénat, bien que prévu par la Constitution, n’est toujours pas mis en place. Son bureau, dès lors, ne peut siéger lors de la prestation de serment.
Un blocage soulevé par la révision de décembre 2025
La réforme constitutionnelle adoptée en décembre 2025 a modifié l’article 53. Désormais, le président élu prête serment devant le président de la Cour constitutionnelle, en présence des membres de la Cour, de l’Assemblée nationale, du Sénat, de la Cour suprême et de la Cour des comptes.
Or, à ce jour, la chambre haute n’a pas été installée. Aucun calendrier officiel ne prévoit sa mise en place avant le 24 mai. Cette situation crée, selon le requérant , une impasse juridique qu’il demande à la Cour de résoudre.
Une décision attendue pour sécuriser l’investiture
Le recours déposé vise à faire reconnaître formellement l’empêchement de réunir le bureau du Sénat. Il invite aussi les sept Sages à préciser les implications légales de cette absence sur la régularité de la cérémonie.
La délibération de ce mardi est particulièrement scrutée. Elle devrait clarifier si le serment peut être valablement reçu malgré l’absence d’une des institutions mentionnées par la Constitution révisée. Et déjà, l’ancien président de la Cour, Professeur Holo s’est prononcé sur la question. La prestation de serment est reçu par le Président et les membres de la Cour, en présence des autres institutions, a-t -il déclaré sur les antennes de Bip radio.
L’arrêt rendu fera jurisprudence et fixera les conditions de l’investiture du 24 mai.
Romuald Wadagni a été déclaré vainqueur du scrutin présidentiel. Sa prise de fonction marquera le début d’un nouveau quinquennat.
B. K.