La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu son verdict dans le dossier impliquant un homme soupçonné d’avoir effectué des opérations financières pour le compte de l’activiste panafricain Kemi Seba. Le prévenu a été condamné à cinq ans de prison ferme, deux millions de francs CFA d’amende, avec confiscation de plusieurs biens.
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné, ce lundi 29 juin 2026, un homme poursuivi pour des faits liés aux activités financières de l’activiste panafricain Kemi Seba. La juridiction spéciale lui a infligé une peine de cinq (05) ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de deux (02) millions de francs CFA.
En plus de cette condamnation, la Cour a ordonné la confiscation au profit de l’État béninois d’un téléphone de marque iPhone et d’un ordinateur MacBook. Une contrainte par corps d’un (01) mois a également été prononcée.
Des accusations liées à des opérations financières
Le prévenu était poursuivi par le parquet spécial près la CRIET pour avoir réalisé des opérations financières pour le compte de Kemi Seba, président de l’ONG Urgences panafricanistes, recherché par les autorités béninoises dans le cadre du dossier relatif au coup d’État manqué du 7 décembre 2025. Il était également poursuivi pour des faits présumés de cybercriminalité.
Lors des audiences des 16 mars et 11 mai 2026, le mis en cause avait rejeté en bloc les accusations portées contre lui. Il avait notamment contesté toute implication dans les faits reprochés.
Selon les éléments présentés à l’audience, il aurait participé à un système permettant à des cybercriminels de blanchir une partie de leurs revenus illicites en mettant à leur disposition des comptes bancaires fictifs, moyennant une commission de 5 %. Le prévenu a nié ces allégations, soutenant qu’il ignorait l’origine frauduleuse des fonds de certains clients.
Concernant ses liens avec Kemi Seba, le gérant de boutique de transfert de devises et de change a reconnu avoir effectué une seule transaction en cryptomonnaie de 2 000 euros pour l’activiste en 2023.
Les réquisitions du parquet
À l’audience du 11 mai 2026, le ministère public, représenté par le premier substitut du procureur spécial près la CRIET, avait requis cinq (05) ans de prison ferme et une amende de deux (02) millions de francs CFA. Le procureur avait demandé à la Cour de retenir les faits de complicité d’escroquerie et d’incitation à la rébellion.
De leur côté, les avocats de la défense avaient sollicité la relaxe pure et simple de leur client ou, à défaut, la relaxe au bénéfice du doute.
La Cour requalifie les faits
Rendant sa décision ce lundi 29 juin 2026, la CRIET a requalifié les infractions initialement poursuivies en incitation à la rébellion, harcèlement par le biais d’une communication électronique et escroquerie via internet, en complicité d’escroquerie par le biais d’un réseau électronique.
Sur cette base, la juridiction a condamné le prévenu à 60 mois d’emprisonnement ferme, soit cinq ans, à une amende de deux millions de francs CFA ainsi qu’aux dépens, rapporte Libre Express. La confiscation d’un iPhone et d’un ordinateur MacBook au profit de l’État béninois a également été ordonnée, en plus d’une contrainte par corps d’un mois.
Aser ABALLO