Sommet de la Cédéao à Freetown : Le Sénégalais Birame Diop prend la tête de la commission

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Le 69e sommet ordinaire de la Cédéao s’est tenu dimanche 19 juillet à Freetown, en Sierra Leone, aboutissant à la nomination du général sénégalais Birame Diop à la tête de la commission de l’organisation ouest-africaine pour les quatre prochaines années. Les chefs d’État de la région ont également approuvé la construction d’un gazoduc entre le Nigéria et le Maroc et ont entériné l’arrivée du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à la présidence tournante de la Cédéao.

Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, hôte du sommet, a donné le ton dans son allocution d’ouverture : « Il faut un profond changement au sein de la Cédéao », a-t-il déclaré au centre de conférence internationale flambant neuf de Lungi, près de Freetown, rapporte notre correspondant régional, Serge Daniel.

Parmi les changements notables, le sommet a désigné le général sénégalais Birame Diop président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Seul candidat pour ce poste, il succède au Gambien Omar Alieu Touray.

« Birame Diop connaît très bien les arcanes des organisations internationales. Il a été dans la haute sphère de l’armée sénégalaise. Ça va être utile par exemple dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, pour harmoniser les politiques. Avec le concours de Birame, la machine peut redémarrer », avait dit un diplomate ouest-africain.

Nommé ministre des Forces armées dès l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye en 2024, le général de l’armée de l’air Birame Diop a quitté cette fonction en juin 2026 au moment de la démission du gouvernement dirigé alors par Ousmane Sonko, rapporte notre correspondant à Dakar, Birahim Touré.

Connaissance des affaires africaines

Auparavant, ce général deux étoiles, retraité de l’armée, avait dirigé l’armée sénégalaise comme chef d’État-major général en 2020. S’il est militaire de carrière, Birame Diop n’est pas un inconnu des affaires africaines : il a été de 2021 à 2024 conseiller militaire du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Un département qu’il connait bien puisqu’il fut, en 2002-2003, adjoint au chef des opérations aériennes à Bunia, dans l’est de la République démocratique du Congo, au sein de la mission onusienne pour la paix Monusco.

Nouveau président de la commission de la Cédéao, le général Birame Diop aura la lourde mission de contribuer à la mise en œuvre des réformes de l’organisation. Car la Cédéao est affaiblie par le retrait des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), gangrénés par le terrorisme qui menace de déborder toujours davantage sur les pays côtiers.

La mobilisation autour de la Force commune en attente sera l’une de ses premières missions à la tête de la commission.

 

Paix, sécurité et démocratie comme objectifs pour 2050

La réforme et le futur ont été dans toutes les bouches au sommet de Freetown, dimanche. À côté du sommet ordinaire, un autre sommet du « futur » a balisé le terrain, avec pour objectif « 2050, Cédéao des peuples ». Les grandes lignes de plan ambitieux ont été présentées : Le premier volet : paix, sécurité, lutte contre le terrorisme.

Pour une bonne coordination de ces actions, les participants au 69e sommet se sont tous accordés sur une franche coopération entre la Cédéao et les trois pays de l’AES, dirigés par des putschistes. Démocratie, valorisation de la jeunesse, ou encore véritable intégration économique figurent également dans l’ambitieux programme.

Le représentant de la Côte d’Ivoire au sommet, le vice-président Tiémoko Koné, a, comme les autres délégués, approuvé ce plan futur tout en prévenant : « Il faut pour y parvenir un plan de financement précis et soutenable », avait-il lancé. Un autre participant a ensuite répondu : « De la parole, passons aux actes. »