Mali : Arrestation de Boubacar Traoré, proche du Premier ministre Choguel Maïga

Afrique

Au Mali, un proche collaborateur du Premier ministre de transition Choguel Maïga a été arrêté le 27 mai 2024 par la Sécurité d’État, les services de renseignement. L’information a été révélée par le journaliste malien en exil Malick Konaté et confirmée à RFI de source sécuritaire malienne. Boubacar Karamoko Traoré est chargé de mission à la Primature. Il dirige aussi la frange du mouvement politique M5-RFP restée fidèle au Premier ministre de transition. Les agents de la sécurité d’État l’ont interpelé lundi dans son bureau de la Primature. Il venait de diffuser un « mémorandum » en forme de virulente diatribe contre les militaires au pouvoir.

Les enquêteurs de la Sécurité d’État reprochent-ils ses attaques contre le régime ? Cherchent-ils à mesurer la part de responsabilité du Premier ministre de transition, Choguel Maïga, dans ce pamphlet ? Combien de temps Boubacar Karamoko Traoré restera-t-il détenu ? Son cas sera-t-il judiciarisé ?

Ces dernières années, beaucoup ont été condamnés pour atteinte au crédit ou à la sécurité de l’État pour moins que ça.

Abdelkader Maïga, autre fidèle de Choguel Maïga, a même écopé en avril dernier de deux ans de prison dont un ferme : pour défendre son mentor, qui venait d’être destitué par une frange majoritaire du M5-RFP de la direction du mouvement, Abdelkader Maïga s’en était pris nommément à deux des colonels actuellement au pouvoir.

Or, dans la longue diatribe signée vendredi dernier, Boubacar Karamoko Traoré se montrait extrêmement virulent, se plaignant entre autres de l’évincement des membres du M5 de l’équipe gouvernementale – lors du remaniement de juillet dernier – ou encore du fait que Choguel Maïga n’aurait pas été associé à certaines décisions majeures, comme la gestion de la crise énergétique, le référendum constitutionnel, l’Alliance des États du Sahel ou encore la prolongation de la période de transition. Autant de dossiers pourtant publiquement soutenus par celui qui demeure Premier ministre de transition.

À ce stade en tout cas, car si les rumeurs sur le limogeage de Choguel Maïga sont récurrentes, elles sont cette fois alimentées non seulement par ses opposants, mais par l’attitude même de son propre camp et par la défiance désormais ouvertement affichée vis-à-vis des colonels qui l’avaient installé à ce poste il y a trois ans.

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La Cour suprême rejette un recours sur la levée de la suspension des activités politiques des partis et associations

Au Mali, la Cour suprême a rejeté le 27 mai la requête du parti Sadi qui visait à lever la suspension des activités politiques des partis et associations, décidées par les autorités de transition le mois dernier. Le Sadi, dont le président Oumar Mariko est en exil, indique à RFI envisager désormais de se tourner vers des juridictions internationales. Quant à la CMAS, la Coordination des mouvements de soutien à l’imam Mahmoud Dicko, également en exil, a, elle, à son tour saisi la Cour suprême, cette fois pour contester sa dissolution, décidée par les autorités de transition début mars. La requête a, selon les indications transmises à RFI par la CMAS, été déposée vendredi dernier.

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