Gestion des réserves sociocommunautaires au Bénin : Abomey-Calavi en tête des mauvais élèves

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(La responsabilité peine à être située entre  la mairie, les urbanistes et les géomètres)

 

La vente des domaines réservés pour la construction des écoles, marchés, hôpitaux et voies d’accès est toujours d’actualité dans la commune d’Abomey-calavi. C’est ce que révèle à nouveau une investigation journalistique menée dans le cadre de la seconde phase du projet « Pour les médias plus professionnels au Bénin ».

 

Selon donc les résultats de cette recherche initiée par la Maison des médias, la vente frauduleuse de domaines sociocommunautaires continue de battre son plein dans la commune d’Abomey-calavi. Il n’y a presque pas de jour où les suspicions de vente de domaine réservé à la construction d’infrastructures sociocommunautaires ne soient évoquées. La commune bâtie sa mauvaise réputation en la matière et risque si rien n’est fait, de devenir une zone dont les autorités à divers niveaux favorisent la fermeture des écoles, marchés, voies, hôpitaux et lieux de loisirs pour les jeunes.

En effet, Abomey-calavi est citée comme une ville où la mauvaise réputation en matière foncière n’est plus à démontrer.  Les choses évoluent à une vitesse de croisière et rien ne semble arrêter les fraudeurs. « Les autorités à divers niveaux sont bien au courant de ces irrégularités. L’ancien ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale, Bernabé DASSIGLI avait sorti plusieurs communiqués courant octobre 2018 par rapport aux nombreuses irrégularités relatives aux domaines sociocommunautaires. Lesquels interdisent la réduction des réserves administratives par les conseils communaux et la libération de certaines réserves administratives. Ironie du sort, il sera limogé lui-même du gouvernement, le 20 février 2019 pour son implication dans les opérations irrégulières de lotissement et de transactions foncières”, nous apprend une enquête journalistique. Comme pour dire, la pratique n’est pas prête à disparaître. Au contraire, elle connaît une ascension glorieuse grâce à l’implication des autorités au haut niveau. Plusieurs fonctionnaires notamment les géomètres, les urbanistes sont les agents qui facilitent le développement vertigineux de cette mauvaise pratique dans la commune d’Abomey-calavi. “À ceux qui imputent aux communes la responsabilité de la disparition des quotas administratifs, la mairie  d’Abomey-calavi rétorque que c’est aux géomètres qu’il faut demander des comptes. Les géomètres ne l’entendent pas de leurs oreilles et estiment qu’il revient à la mairie de sécuriser ses terres. Ils accusent également les urbanistes d’être dans le coup. De leur côté, les urbanistes s’offusquent des reproches des géomètres”, explique l’auteur de l’investigation sur le dossier. C’est donc ce jeu de ping-pong qu’on assiste dans les accusations liées à la disparition des domaines publics. Les responsabilités peinent à être situées et pourtant, les faits sont là, indiscutables et visibles.

 

Roméo TOSSOU

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