Après avoir bâti au Nigeria le plus grand complexe d’engrais d’Afrique, Aliko Dangote a signé jeudi 28 août un contrat de 2,5 milliards de dollars en Éthiopie pour la construction d’une usine d’engrais dans la région Somali. Ce projet fera de l’Éthiopie le deuxième pays possédant une usine d’urée en Afrique. Le pays souffre lui aussi de l’augmentation des prix des engrais, conséquence de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Une fois encore, le milliardaire nigérian voit grand. Il s’agira de l’un des cinq plus grands complexes de production d’urée au monde, avec des installations d’une capacité combinée pouvant atteindre trois millions de tonnes par an.
C’est une nouvelle étape importante dans la stratégie d’expansion industrielle d’Aliko Dangote, qui a signé un accord global avec Ethiopian Investment Holdings (EIH), la branche d’investissement stratégique du gouvernement éthiopien, pour le développement, la construction et l’exploitation de ce complexe de classe mondiale à Gode.
Dans le cadre de ce partenariat, EIH détiendra une participation de 40 %, tandis que le groupe Dangote conservera une participation de 60 % dans ce projet. Le coût de développement est estimé à 2,5 milliards de dollars. Un investissement qui comprend aussi la construction d’une infrastructure de gazoduc dédiée au transport du gaz naturel éthiopien depuis les réserves d’Hilal et de Calub jusqu’à l’usine de production de Gode. Cela afin de l’approvisionner en matière première.
L’Éthiopie souffre de l’augmentation des prix des engrais, conséquence de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Selon Bede Heren, spécialiste du marché des engrais pour Argus Media, « la production de cette future usine d’engrais est de 3 millions de tonnes métriques, ce qui dépasse les besoins de l’Éthiopie » : elle servira donc à « fournir le marché local et aussi à exporter à l’international ».
Depuis dix ans, le gouvernement éthiopien a adopté une stratégie bien réfléchie pour améliorer le secteur agricole. Ils ont poussé les activités agronomiques, en cartographiant les sols pour mieux comprendre quelles semences vont fonctionner à tel ou tel endroit, ou quelle variété va mieux tolérer le climat éthiopien par exemple. En réfléchissant aussi à quel engrais va être le plus efficace. La production annuelle attendue pour cette future usine d’engrais est de 3 millions de tonnes métriques, cela dépasse les besoins de l’Éthiopie. L’idée du groupe Dangote c’est donc bien sûr de fournir le marché local, mais aussi d’exporter à l’international. Pour l’Éthiopie, l’accès aux devises étrangères est une préoccupation majeure. Pour le moment, le pays importe au moins 2,5 millions de tonnes d’engrais chaque année, pour un prix moyen de 500 dollars par tonne. Donc non seulement l’Éthiopie n’aura plus besoin de ces importations dans le futur, mais l’usine de Dangote permettra aussi de faire entrer des devises étrangères dans le pays.