( Colombes, cadeaux et hommage des Sages pour celui qui a tant donné pour sa ville)
C’est toute la capitale béninoise qui s’est rassemblée ce dimanche 1er novembre 2026 autour du patriarche Karim Urbain da Silva, Président du Conseil des Sages de la ville, pour fêter son centième anniversaire. Par son ampleur et sa ferveur, la mobilisation a montré la place qu’occupe le centenaire dans le cœur des habitants de la cité aux trois noms.
Tout Porto-Novo au rendez-vous
Les corps constitués de la ville avaient tenu à être présents aux côtés du jubilaire. Têtes couronnées, hauts dignitaires de la communauté musulmane, Sages de la ville, cadres et notables, parents et amis, femmes et hommes, enfants et vieillards, chacun avait répondu à l’appel pour redire son attachement à celui que beaucoup considèrent comme un père.

L’événement a d’abord été placé sous le signe de la grâce divine. Prières, chants et danses se sont succédé pour remercier Dieu d’avoir veillé sur le patriarche jusqu’à ce jour. Les confessions religieuses ont pris la parole tour à tour. La communauté musulmane, conduite par l’Imam de la mosquée centrale de Porto-Novo, Abdou Samadou Alalouko, a récité des versets du Saint Coran. La chorale protestante méthodiste a ensuite fait résonner louanges et cantiques, avant que la prière traditionnelle soit dite par les têtes couronnées, sous la conduite du Roi de Porto-Novo Sa Majesté Alomawlé Kpodagba Lokpon XIII
.
Toutes ont imploré la miséricorde divine, ainsi que la protection des mânes des ancêtres, afin que le Sage soit gardé de longues années encore et poursuive ses œuvres de paix, de concorde, d’union, de partage et de générosité.
Un baobab de sagesse
Sur un point, les voix se sont accordées sans réserve. Le patriarche est un baobab, un homme d’une grande sagesse, d’un grand cœur, de paix et d’unité. Dans de nombreux domaines, il a laissé une empreinte indélébile. Il a construit des mosquées, contribué à l’édification d’églises, soutenu les fêtes identitaires de la ville et fait ériger le mausolée d’Oga Gbami, sans oublier bien d’autres réalisations.

Après les prières, la cérémonie s’est articulée autour de trois temps forts, à savoir la remise de trois colombes, la présentation des cadeaux de la ville de Porto-Novo, des têtes couronnées, des Magadji et de la communauté musulmane, puis le témoignage du Conseil des Sages.
Les Magadji offrent trois colombes blanches
Au nom des Magadji, leur représentant a remis trois colombes blanches au centenaire, un geste qui a profondément touché l’assistance. « Papa, un siècle de vie ne s’offre pas par hasard, c’est une bénédiction de Dieu. Au nom des Magadji, nous vous remettons ces trois colombes, symbole de paix, de pureté et de grâce », a-t-il déclaré, la voix chargée d’émotion.
Il a rappelé que la colombe blanche, messagère entre la terre et le ciel, évoque une existence entière vouée à la sagesse, à la réconciliation et à la prière. « Vous avez apaisé les cœurs, rapproché les familles et enseigné la patience. Que ces oiseaux portent vers le ciel notre gratitude, et qu’ils ramènent sur vous la protection de Dieu et des ancêtres », a-t-il ajouté. Avant de conclure, il a formulé un vœu cher à toute la communauté, « Que Dieu vous accorde encore longue vie parmi nous ».
Pour de nombreux fidèles, la colombe évoquait aussi le Saint-Esprit, en écho à la foi profonde de celui que le vice-président du Conseil, David Vidéhouénou, a décrit comme « l’homme de prière ». Elle rappelait ainsi que ce siècle d’existence n’a été, selon la formule reprise ce jour-là, que « grâce ».
Dans les regards, les sourires et les larmes retenues, une même pensée semblait circuler. Cette colombe n’était pas seulement un présent, c’était un remerciement. Celui d’une communauté à l’homme qui lui a donné la paix, la sagesse et l’exemple, et qui, à cent ans, continue de lui offrir sa présence comme la plus belle des bénédictions. Le patriarche, très ému, a reçu ce précieux cadeau avec tout le symbole qu’il porte. Les différents présents lui ont ensuite été remis, pour marquer d’une pierre blanche cette journée.
Le Conseil des Sages rend hommage à son président
« Papa, vous avez été pour le monde. » C’est par ces mots que David Vidéhouénou, vice-président du Conseil des Sages, a ouvert son hommage au centenaire.
Visiblement ému, il a salué « un témoin de l’histoire » et un homme « qui incarne le social », assurant que certains malades « se sentent guéris » rien qu’en entendant son nom. Sur le plan politique, a-t-il poursuivi, le patriarche aura été « l’homme de prière ». Pour dire sa bonté, il a cité l’Évangile, « J’ai eu faim, vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif, vous m’avez donné à boire, j’étais en prison, vous m’avez visité », avant de conclure que « l’homme Dadiba incarne tout ».

Il a également souligné la discrétion du jubilaire, qui n’a pas souhaité une fête bruyante, la cérémonie s’étant d’ailleurs organisée en quelques jours seulement. Reprenant la parole du pasteur, il a rappelé que « tout est grâce ».
Évoquant l’attachement des fils au patriarche, il a rapporté que l’un d’eux souhaitait « mourir avant papa », car « si papa n’est plus là, qui le soutiendra ? ». « Dieu a toujours parlé par vous », a-t-il affirmé, ajoutant que le patriarche soutiendra encore des personnes « peut-être pas encore nées ».
Rappelant que le centenaire a « pris la pluie, bu le vent et le soleil », il a enfin formulé le vœu que Dieu lui accorde de rester « longtemps, longtemps, longtemps » parmi les siens, glissant avec humour qu’à l’ère de l’intelligence artificielle, on parle désormais de vies de 140, voire 200 ans.
Cette journée n’est toutefois que le début des festivités. Plusieurs autres hommages sont annoncés dans le courant de la semaine pour célébrer cet homme exceptionnel.
Fréjus MASSIHOUNTON
Karim da SILVA
Fondateur du Musée da SILVA des Arts et de la Culture
Fondateur du Panthéon Négro et Africain
Président du Conseil des Sages de Porto-Novo
Ancien Consul Honoraire du Brésil au Bénin
Grand Croix de l’Ordre National du Bénin
dasilvamusee@gmail.com
De tout cœur avec mes frères et sœurs du Maroc, du Koweït et de l’Arabie Saoudite
En ces moments importants où Dieu m’élève au rang de centenaire, je tiens à vous témoigner mon réel soutien et ma profonde amitié.
Nos prières vous accompagnent à chaque étape de votre cheminement vers un avenir radieux.
Sachez que votre force et votre résilience sont une source d’inspiration pour nous tous.
Que la sérénité et la sagesse guident les décisions de vos dirigeants.
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