Une affaire pour le moins insolite s’est invitée, ce jeudi 29 octobre 2026, à la barre de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Deux hommes, un agent de l’ANIP et un administrateur culturel, comparaissent pour escroquerie après la plainte d’un tradipraticien persuadé d’accéder au gouvernement.
La chambre correctionnelle de la CRIET s’est penchée sur ce dossier rocambolesque. Dans le box des prévenus figurent deux fonctionnaires : un agent de l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP) et un administrateur culturel. Ils doivent répondre d’une accusation d’escroquerie portant sur la somme colossale de 45 millions de FCFA.
De la médecine traditionnelle aux ambitions ministérielles
L’unique plaignant entendu à l’audience est un jeune tradipraticien de moins de 40 ans, installé à Bohicon et militant de l’Union progressiste le Renouveau (UPR) à Savalou.
Selon son récit détaillé devant les juges, tout a débuté à la suite de soins prodigués à un ami. En guise de remerciement, ce dernier lui propose une mise en relation avec un individu surnommé « Caïman », prétendument proche du chef de l’État et capable de propulser sa carrière politique. Si cette première tentative n’a rien donné, le scénario s’est emballé par la suite.
Le tradipraticien affirme avoir ensuite fait la connaissance du premier prévenu, qui lui aurait assuré collaborer directement avec les enfants de l’ancien président Patrice Talon. Convaincu, le plaignant commence par multiplier les cadeaux de valeur destinés au fils de l’ex-chef de l’État.
Une ascension politique tarifée jusqu’en 2026
L’engrenage se poursuit avec l’intervention du second prévenu, présenté cette fois comme un conseiller de l’ancien président. Lors d’une rencontre à Cotonou, ce dernier lui fait miroiter un profil particulièrement apprécié au sommet de l’État, allant jusqu’à évoquer sa nomination imminente à la tête du ministère de la Culture.
Pour débloquer la situation et convaincre de prétendus conseillers influents, le piège financier se referme : un premier versement de 2,5 millions de FCFA est exigé. D’autres décaissements suivront au fil des ans, s’étalant de 2018 jusqu’en 2026. Au total, le plaignant estime avoir versé 45 millions de FCFA, sans jamais voir la couleur du portefeuille ministériel promis.
Face aux zones d’ombre de ce dossier et à la nécessité de poursuivre les auditions, la CRIET a renvoyé l’affaire au jeudi 3 décembre 2026.
E.A.T.
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