5 ans de prison ferme requis contre le commissaire Delcoz Kindjanhoundé

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Le ministère public a requis cinq ans d’emprisonnement ferme et un million de FCFA d’amende contre le commissaire de police Landry Bignon Delcoz Kindjanhoundé. Le verdict est attendu le 14 décembre 2026.

Le dossier du commissaire de police républicaine a connu un nouveau développement ce lundi 26 octobre 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Poursuivi notamment pour provocation à la rébellion, incitation à la haine et détention illégale d’armes à feu, l’officier est jugé pour des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il critiquait la gouvernance du Président Patrice Talon et la gestion de la lutte contre le terrorisme dans le nord du Bénin.

Des faits attentatoires à la sûreté de l’État

À la barre, le premier substitut du procureur spécial près la CRIET est revenu sur une vidéo de plus de quarante minutes, diffusée le 8 décembre 2025, dans laquelle le prévenu apparaissait en tenue policière.Selon l’accusation, le commissaire y aurait tenu des propos mensongers, accusant notamment le pouvoir d’accaparement des biens de l’État. Pour le ministère public, ces déclarations sont constitutives d’infractions portant atteinte à la sûreté de l’État, notamment l’apologie de crime contre la sûreté de l’État.Le parquet a également fait état de la découverte, lors d’une perquisition à son domicile, d’une arme qui ne serait pas son arme de service, justifiant le chef de détention illégale d’armes à feu.S’appuyant sur les dispositions légales prévoyant une peine de deux à cinq ans d’emprisonnement, le ministère public a requis le maximum : cinq ans ferme et un million de FCFA d’amende.

La défense plaide la clémence

Me Julien Togbadja, avocat du prévenu, a axé sa plaidoirie sur la personnalité et la situation personnelle de son client.« Le commissaire de deuxième classe n’a ni moto ni véhicules », a-t-il souligné, évoquant un compte bancaire crédité de seulement 2 000 à 4 000 FCFA, pour illustrer la modestie de sa condition.Invitant la Cour à apprécier l’homme au-delà des faits, l’avocat a lancé : « J’aimerais qu’une question se pose dans le secret de votre délibéré. Cet homme est-il méchant ? »La défense a par ailleurs mis en avant le traumatisme subi par l’officier sur le terrain dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, rappelant ses précédentes déclarations où il disait avoir appelé à une « révolution démocratique ».À l’issue des débats, la Cour a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue le 14 décembre prochain.

Boniface KABLA

 

 

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