Fin de règne : Patrice Talon revendique ses succès, les Béninois rappellent ses échecs

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À trois jours de quitter le pouvoir après dix années à la tête du Bénin, Patrice Talon a choisi les réseaux sociaux pour livrer son ultime message aux citoyens. Dans une publication diffusée ce jeudi 21 mai sur Facebook, le président sortant s’est félicité des « réformes opérées » et des « progrès accomplis » sous son magistère, dressant le portrait d’un pays transformé par son action. Une lecture flatteuse de son bilan qui ne fait toutefois pas l’unanimité.

Car derrière les infrastructures flambant neuves, les réformes administratives et les performances économiques régulièrement mises en avant par le pouvoir, une partie importante de la population continue d’exprimer son malaise. Inflation persistante, coût élevé de la vie, chômage des jeunes, difficultés sociales et insécurité croissante dans plusieurs communes du nord du pays nourrissent un sentiment de décalage entre le discours officiel et la réalité vécue par de nombreux Béninois.

En affirmant quitter le pouvoir avec « fierté » après avoir conduit « une belle aventure », Patrice Talon défend l’héritage de son action. Mais pour ses détracteurs, cette décennie restera également associée à un rétrécissement de l’espace démocratique, à la marginalisation de l’opposition politique, à l’exil ou à l’emprisonnement de plusieurs figures critiques du régime ainsi qu’à une concentration du pouvoir rarement observée depuis le renouveau démocratique de 1990.

Au fil des années, les organisations de défense des droits humains, plusieurs médias et de nombreux acteurs politiques ont régulièrement dénoncé les restrictions des libertés publiques, les poursuites judiciaires visant des opposants ainsi que les tensions récurrentes autour des processus électoraux. Plusieurs arrestations politiques dans dossier coup d’État du 7 décembre dernier….
Plusieurs personnes sont or du territoire national pour diverses raisons. Par exemple, le journaliste et directeur du journal l’actualité Magloire DATO a quitté le Bénin a cause du dossier du coup d’État du 7 décembre dernier. C’est un ami personnel du colonel qui est recherché et il est soupçonné par le pouvoir et la justice d’être proche personnellement de Pascal Tigri . Il est recherché pour apologie de coup d’État au Bénin. Plusieurs accusations non fondées contre ce consultant journaliste écrivain et patron de média au Bénin.
Je vous rappelle ici que le journaliste Pascal Mitowadé, journaliste à La Tribune de la capitale, avait publié un message sur les réseaux sociaux lors de la tentative de putsch. La Criet a estimé qu’il constituait un soutien au renversement de l’ordre constitutionnel. Ce dernier à été condamné lourdement.

Autant de sujets que le président sortant n’évoque pas dans son message d’adieu.

Dans son intervention, Patrice Talon appelle également les Béninois à soutenir son successeur, Romuald Wadagni, présenté comme le garant de la continuité des réformes engagées depuis 2016. Mais sur le terrain, les attentes sont nombreuses. De Parakou à Natitingou, de Porto-Novo à Cotonou, nombreux sont ceux qui espèrent voir émerger une gouvernance davantage tournée vers les préoccupations sociales, l’emploi, le pouvoir d’achat et le renforcement des libertés démocratiques.

À l’heure où Patrice Talon s’apprête à tourner la page de dix années de pouvoir, le débat sur son héritage reste profondément ouvert. Pour les uns, il restera l’homme des grandes réformes et de la modernisation du pays. Pour les autres, celui qui aura sacrifié une partie des acquis démocratiques au nom de l’efficacité et du contrôle politique.

Une question demeure désormais au cœur des discussions : le Bénin de 2026 est-il réellement plus prospère, plus libre et plus juste que celui que Patrice Talon avait trouvé en 2016 ?

 

A.C.C.