Funérailles au Bénin : Dans une lettre, Mgr Fêliho appelle à « honorer les morts sans sacrifier les vivants »

Société

‎Dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, lue lors de la session plénière des députés le 31 août dernier, l’évêque de Kandi, Monseigneur Fêliho, alerte sur le poids financier et social des pratiques funéraires. Il plaide pour un débat national afin de limiter les abus et de protéger les familles endeuillées.

‎Les funérailles, entre devoir de mémoire et épreuve économique. C’est le cri de cœur lancé par Monseigneur Fêliho, évêque de Kandi, dans une lettre adressée au président de l’Association nationale, dont le contenu a été lu lors de la session plénière des députés le 31 août dernier. Face aux exigences financières, matérielles et coutumières qui pèsent sur les familles, le prélat appelle à une réflexion collective sur les pratiques funéraires au Bénin.

‎Dans son message, l’évêque invite à « honorer les morts sans sacrifier les vivants ». Une formule qui résume son inquiétude face à des traditions qui, selon lui, peuvent parfois transformer le deuil en une lourde épreuve économique et sociale.

Des familles accablées par les charges

‎Monseigneur Fêliho dénonce les difficultés auxquelles sont confrontés les veuves, les orphelins, ainsi que les filles et fils des défunts. Au nom de la tradition, ces derniers seraient soumis à des exigences financières, matérielles et coutumières parfois insupportables.

‎Les contributions imposées, les dépenses ostentatoires, les cérémonies interminables et les multiples prélèvements sont pointés du doigt. Ces pratiques, estime-t-il, finissent par alourdir considérablement les charges des familles au moment même où elles traversent une période de grande vulnérabilité.

« Au lieu de consoler les familles, on les accable. Au lieu de partager leurs peines, on aggrave leurs souffrances », déplore l’évêque de Kandi.

Pour un débat national sur les pratiques funéraires

‎Face à cette situation, Monseigneur Fêliho adresse un appel aux autorités publiques, aux chefs traditionnels, aux responsables religieux, aux élus locaux et à toutes les personnes attachées à l’avenir de la société.

‎Il estime qu’il devient urgent d’ouvrir un vaste débat national afin de réglementer les pratiques funéraires, d’en limiter les abus et de protéger les familles contre toute forme d’exploitation et de pression abusive.

‎Pour le prélat, cette réflexion ne doit pas être perçue comme une remise en cause de la tradition. Bien au contraire, elle doit permettre de préserver ce qui fait la richesse des coutumes, tout en évitant qu’elles ne deviennent des sources de pauvreté et de division.

‎Dans sa lettre, l’évêque de Kandi précise qu « Réformer les funérailles, ce n’est pas combattre la tradition, c’est sauver la famille, préserver la jeunesse et préparer un avenir où nos coutumes demeurent des sources de vie plutôt que des causes de pauvreté et de division. »

‎Un appel qui résonne comme une invitation à concilier le respect des morts avec la protection des vivants.


‎Aser ABALLO

 

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