MALI : L’opposant Soumaïla Cissé bientôt libéré ?

Afrique

La France et la Cédéao maintiennent la pression sur la junte pour que le pouvoir revienne rapidement au civil, alors que les rumeurs d’une libération imminente de l’opposant Soumaïla Cissé se multiplient.

Paris a appelé dimanche 30 août la junte militaire à organiser « rapidement » une transition vers un pouvoir civil au Mali, via la ministre des Armées Florence Parly. « Il faut que cette transition se fasse (…). C’est une affaire de mois », a-t-elle déclaré dans l’émission « Le Grand Rendez-vous » sur Europe 1, avant d’ajouter : « Si cela ne se faisait pas, alors le risque c’est que tout cela profite d’abord aux terroristes, parce que les terroristes se nourrissent de la faiblesse des Etats et l’Etat malien est faible, très faible en ce moment ». Une pression concomitante à celle de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui exige une transition d’un an – les militaires veulent de leur côté rester trois ans au pouvoir – et qui survient quelques jours après la publication en catimini, au journal officiel, d’un décret faisant du leader putschiste le chef de l’Etat.

Au même moment bruissent les rumeurs d’une libération imminente du chef de file de l’opposition, le libéral Soumaïla Cissé détenu depuis plusieurs mois par un groupe armé qui n’a jamais revendiqué le rapt. Les meilleures sources le pensent aux mains du touareg djihadiste Iyad Ag Ghali, et l’imam salafiste Mahmoud Dicko, principal artisan de la chute de l’ex président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), a demandé à Dieu (sic) de libérer Cissé « d’ici à vendredi prochain ».

De par ses liens jamais véritablement rompus avec les groupes djhihadistes et sa fortune considérable, Mahmoud Dicko dispose du poids politique et financier pour peser sur la libération de Soumaïla Cissé, ancien rival d’IBK tenant cependant d’un libéralisme économique guère susceptible d’incarner une véritable alternative politique au Mali. Mais son retour sur la scène politique malienne permettrait de gagner du temps, à l’heure où la junte n’accorde que peu de crédit au mouvement d’opposition M5 – qui ne pèse que par la grâce du salafiste Dicko – et où la France comme les militaires n’envisagent pas un instant de confier les clés du pays à un religieux formé en Arabie Saoudite et partisan du dialogue avec les groupes armés combattus depuis 2013 par les quelques 5000 hommes que compte la force Barkhane.

En signe de bonne volonté à l’heure où les militaires tentent d’obtenir la réouverture des frontières et le redémarrage des activités bancaires gelées par les structures financières régionales, l’ex président IBK a été autorisé à regagner son domicile. Mais selon ses proches, il n’aurait pas encore retrouvé sa liberté de mouvement ni la possibilité de communiquer avec l’extérieur.

Avec Marc de Miramon ( L’Humanite.fr)

 

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