Après trois années de mise en œuvre dans dix communes du Bénin, la première phase du projet « TO KPLON NOU » s’achève à la fin du mois d’août 2026. Redynamisation des centres de jeunes, accès gratuit aux loisirs, création d’emplois et professionnalisation du métier d’animateur : le manager du projet, Brice BONOU, a dressé, ce jeudi 20 août 2026, le bilan des actions menées et évoqué les perspectives d’une deuxième phase.
L’un des principaux acquis de « TO KPLON NOU » reste la réouverture et la redynamisation de dix centres de jeunes.
Autrefois désaffectés ou sous-exploités, ces espaces ont progressivement retrouvé leur vocation de lieux d’accueil, d’animation et de rencontre au service des communautés. « De 2023 à 2026, nous avons dix centres de jeunes qui retrouvent leur vocation de départ, c’est-à-dire des lieux d’animation et d’accueil de toute la population, de l’enfance aux personnes âgées, en passant par les adolescents et les jeunes », explique Brice BONOU .
30 emplois directs et un métier qui se professionnalise
Au-delà de la réhabilitation de ces espaces, le projet a permis la création de 30 emplois directs, à raison de trois animateurs par centre. Selon le manager, les jeunes recrutés ont ainsi pu accéder à une première expérience professionnelle dans le domaine de l’animation.
Le projet a également misé sur la formation
À Ouèdo, le CEFOMA (Centre de formation aux métiers de l’animation) a été créé avec l’appui du principal bailleur du projet, l’agence Concept Development. Le centre a notamment permis de renforcer les compétences des animateurs mobilisés dans les différents espaces. Une trentaine d’autres jeunes, venus notamment d’Abomey-Calavi, de Zè, de Za-Kpota et d’autres communes, ont également bénéficié de formations aux métiers de l’animation.
Pour Brice BONOU , cette dynamique contribue progressivement à faire reconnaître l’animation comme une véritable activité professionnelle au sein des communautés. « De plus en plus, ces jeunes sont reconnus dans leur communauté comme des personnes qui travaillent dans l’animation et qui sont rémunérées pour le travail qu’elles accomplissent », souligne-t-il.
Des centaines d’enfants accueillis chaque mois
L’autre indicateur mis en avant concerne la fréquentation des centres. Selon les données communiquées par l’équipe du projet, chaque centre accueille entre 300 et 500 enfants par mois. Lors de certaines grandes activités, les trois animateurs d’un même centre peuvent encadrer jusqu’à 200 enfants simultanément.
Au-delà des chiffres, Brice BONOU insiste sur la volonté du projet de rendre les loisirs accessibles à tous, indépendamment du milieu social. « Nous avons réussi à démocratiser le loisir et à montrer qu’il n’est pas réservé aux personnes privilégiées. Nous avons ouvert ces activités à tout le public dans les dix communes cibles, sans exception, et les enfants y participent gratuitement », affirme-t-il. Cette approche constitue, selon le manager, l’un des marqueurs essentiels de « TO KPLON NOU » : faire des centres de jeunes de véritables espaces communautaires accessibles à tous.
Culture et sport : des avancées, mais des ambitions encore à concrétiser
Les activités culturelles et sportives ont également occupé une place dans le dispositif. Toutefois, sur le volet culturel, les résultats sont restés en deçà des ambitions initiales.
Le projet prévoyait notamment la création de spectacles spécifiques et l’organisation de tournées dans les dix centres, avec l’accompagnement attendu du gouvernement, à travers le ministère en charge de la Culture.
Les financements nécessaires n’ayant pas encore été mobilisés, cette composante n’a pas pu être déployée à l’échelle envisagée. « Nous poursuivons les démarches pour obtenir l’accompagnement du gouvernement. C’est ce qui explique que ce volet n’ait pas encore connu l’ampleur que nous souhaitions lui donner au départ », reconnaît Brice BONOU .Sur le plan sportif, l’approche adoptée a consisté à présenter le sport autrement que sous le seul prisme de la compétition. Les activités proposées ont ainsi cherché à développer chez les enfants d’autres aptitudes, notamment la coopération, l’autonomie, la discipline et la confiance en soi.
La pérennisation, principal enjeu après la phase 1
À quelques jours de la clôture de cette première phase, prévue fin août 2026, la question de la pérennisation des acquis se pose désormais. L’objectif est que les communes concernées puissent progressivement prendre le relais et maintenir l’animation des centres. Selon Brice BONOU , certaines autorités locales ont déjà commencé à prévoir des lignes budgétaires destinées à poursuivre les activités.
« Le premier héritage, c’est déjà la mise en place de l’animation dans les centres. Les autorités communales connaissent désormais les horaires d’ouverture et viennent également échanger avec les enfants », explique-t-il. Pour l’équipe du projet, l’enjeu est donc de faire en sorte que les centres ne retombent pas dans l’inactivité après le retrait progressif du dispositif initial.
Une deuxième phase dès septembre 2026
La fin de la première phase ne signifie cependant pas la fin de « TO KPLON NOU ». Une deuxième phase est annoncée à compter du 1er septembre 2026, avec une extension prévue à huit nouvelles communes. Initialement, l’ambition était d’en toucher dix supplémentaires. Mais le contexte financier international a conduit les responsables du projet à revoir leurs objectifs à la baisse.

Une tournée de plaidoyer auprès des conseils communaux est déjà en cours afin de préparer cette nouvelle étape. Les échanges se poursuivent également avec le gouvernement béninois en vue d’une éventuelle formalisation du partenariat. Un accord pourrait permettre au projet d’élargir davantage son périmètre d’intervention. « Nous continuons les échanges avec le gouvernement du Bénin. Si nous parvenons rapidement à formaliser ce partenariat, cela pourrait nous permettre d’aller au-delà du nombre de communes actuellement prévu », espère Brice BONOU. Après trois années d’expérimentation, « TO KPLON NOU » aborde ainsi une nouvelle étape. Au-delà des infrastructures et des activités réalisées, son principal défi sera désormais de pérenniser les centres redynamisés, consolider le métier d’animateur et étendre l’accès aux loisirs à de nouvelles communautés.
Boniface KABLA
A lire aussi: