Quelques jours après l’adoption, en juillet 2026, de la loi supprimant la Commission électorale nationale autonome, le gouvernement a enclenché la phase de démantèlement de l’institution.
La page législative est tournée. Elle est désormais suivie d’une page administrative. Ainsi se résume le sort de la CENA. Par décret du 22 juillet 2026, le président de la République, Romuald Wadagni, a fixé le cadre juridique de cette transition. L’objectif est de dresser le bilan patrimonial, apurer les finances et solder définitivement les dossiers laissés en suspens par l’ancienne autorité chargée de l’organisation et du contrôle des scrutins.
Christian Migan aux commandes
Pour mener cette opération, l’exécutif a confié la mission à Christian Migan, expert-comptable. Il exercera les fonctions de coordonnateur de la liquidation, sous l’autorité conjointe du ministre de la Justice et du ministre de l’Économie et des Finances.
Sa mission s’étend sur l’ensemble des volets de la fermeture. Il lui revient d’abord de recenser avec rigueur l’ensemble des biens meubles et immeubles détenus par la CENA. L’inventaire servira de base à leur affectation ou à leur cession, conformément aux orientations définies par l’État.
Apurement, contrats et volet social au cœur du chantier
Le mandat ne se limite pas aux actifs. Le coordonnateur est également chargé de vérifier la situation comptable de la Commission, d’identifier les créances et les dettes, et de procéder à leur règlement.
Un autre chantier concerne les engagements contractuels. Les conventions administratives et commerciales encore en vigueur devront être analysées une à une. Selon les cas, elles seront poursuivies, résiliées ou clôturées afin d’éviter tout contentieux résiduel après la disparition de la structure.
La dimension humaine n’est pas éludée. Le sort des agents et du personnel de la CENA fait partie intégrante du processus. Des dispositions spécifiques devront être arrêtées pour organiser la fin de leurs fonctions, en cohérence avec la dissolution juridique de l’institution.
La fin d’un cycle institutionnel
Avec la nomination de ce liquidateur, la CENA quitte le champ opérationnel. Les anciens responsables cessent d’exercer, et l’institution entre dans une période exclusivement consacrée au règlement de son passif.
Au-delà de la clôture des comptes, il s’agit de faire disparaître toute trace administrative et patrimoniale de l’ancienne commission. Cette étape constitue l’un des derniers actes de la refonte de l’architecture électorale béninoise engagée par le pouvoir.
Boniface KABLA