Sommet Chine-États-Unis : L’Iran a pesé de toutes ses forces sur la rencontre

Actualités

Officiellement, l’Iran n’a pas fait de commentaires sur la visite de  Donald Trump en Chine… mais a pesé de toutes ses forces sur cette visite. De son côté, l’Inde redoute qu’un accord sino-américain ne réduise son influence en Asie.  

 

L’Iran a autorisé trente navires chinois à quitter le détroit d’Ormuz dans le respect des protocoles iraniens, c’est-à-dire qu’ils ont dû emprunter les itinéraires définis par Téhéran et payer des taxes, écrit notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. 

Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie iranienne avait affirmé que le détroit était ouvert, mais, pour que les navires marchands puissent traverser le détroit, les États-Unis doivent d’abord « lever » le blocus contre les ports iraniens. Une manière supplémentaire de peser sur Donald Trump.

La Chine, premier partenaire économique de l’Iran

De même, l’annonce que la Chine allait continuer à acheter du pétrole iranien ne peut que satisfaire l’Iran. En effet, l’un des objectifs de Donald Trump était d’obtenir de Pékin de ne plus acheter du pétrole iranien. 

La Chine achète 90% des exportations pétrolières de l’Iran et est le premier partenaire commercial et économique de l’Iran avec 40 milliards d’échanges chaque année avec pour objectif de le faire passer à 100 milliards. Face aux États-Unis, l’axe Russie, Chine et Iran est primordial pour ces trois pays. 

Face-à-face Donald Trump-Xi Jinping: New Delhi redoute une perte d’influence en Asie

La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping retient toute l’attention de New Delhi. Car l’Inde redoute qu’un accord sino-américain ne réduise son influence en Asie, même si elle espère une accalmie pour sécuriser le détroit d’Ormuz. 

C’est dans ce contexte aussi, écrit notre correspondant en Inde, Abdoollah Earally, que le Premier ministre Narendra Modi entame justement aujourd’hui une tournée aux Émirats et en Europe. Officiellement, le gouvernement indien garde le silence. Mais, dans la presse et chez les analystes à New Delhi, les compliments de Donald Trump envers Xi Jinping passent mal.  Depuis vingt ans, l’Inde profite de la rivalité entre Washington et Pékin pour s’imposer comme l’allié indispensable des Américains en Asie. 

Un accord direct entre les deux superpuissances priverait donc l’Inde de cet avantage stratégique, notamment dans l’Indopacifique. Pourtant, New Delhi espère une issue positive : que Trump pousse la Chine à calmer l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, par où passe la majeure partie du pétrole indien. Face au risque d’être mise de côté par cette diplomatie américaine très directe, l’Inde réagit aussi. Ce vendredi 15 mai 2026, le Premier ministre Narendra Modi s’envole pour une tournée de six jours aux Émirats arabes unis et en Europe. Avec pour objectif de trouver d’autres alliés économiques et technologiques.