Reporters sans frontières (RSF) monte au créneau. L’organisation a déposé, le 24 avril 2026, une requête devant la Cour de justice de la CEDEAO contre le Bénin et la Côte d’Ivoire dans l’affaire Hugues Comlan Sossoukpè. Elle dénonce des « violations graves » du droit international et exige la libération immédiate du fondateur du média Olofofo et du journaliste Ali Moumouni.
Par l’intermédiaire de Me Koffi Sylvain Mensah Attoh, RSF accuse le Bénin et la Côte d’Ivoire d’avoir organisé « l’enlèvement, la séquestration et le transfert forcé » du journaliste.
Réfugié au Togo depuis 2021, Hugues Sossoukpè avait été invité à Abidjan par le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation. Le 11 juillet 2025, il a été interpellé par des officiers, puis exfiltré le même jour par avion privé vers Cotonou.
Pour RSF, la Côte d’Ivoire a violé le droit à la protection des réfugiés, la liberté de la presse et le droit du public à l’information en remettant le journaliste aux autorités béninoises « en dehors de tout cadre légal ».
Le Bénin pointé comme commanditaire
L’ONG considère le Bénin comme le commanditaire de cette opération qualifiée d’enlèvement. Elle lui reproche les mêmes manquements, aggravés par la « détention arbitraire » de Hugues Sossoukpè et d’Ali Moumouni, présenté comme son collaborateur.
Présenté devant la CRIET, le 14 juillet 2025, Hugues Sossoukpè a été placé sous mandat de dépôt pour « harcèlement par le biais d’un système informatique », « rébellion » et « apologie du terrorisme ». Son média Olofofo est interdit de publication au Bénin par la HAAC depuis plusieurs années.
« Faire reconnaître les violations du droit »
« Nous voulons que la plus haute juridiction ouest-africaine reconnaisse les graves violations commises par la Côte d’Ivoire et le Bénin et obtienne la libération des deux journalistes », insiste Arnaud Froger, responsable du pôle investigation de RSF.
L’organisation espère que la Cour de la CEDEAO constatera le non-respect des engagements internationaux des deux pays en matière de protection des réfugiés et de liberté d’expression.
La date d’examen de la requête n’est pas encore connue. Hugues Sossoukpè et Ali Moumouni restent, eux, en détention à Cotonou.
B.KABLA
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