Au Bénin, le gouvernement ouvre un nouveau chapitre dans l’enseignement supérieur. Par un décret présidentiel, les forces de défense et de sécurité sont désormais habilitées à dispenser des cours dans les universités. Une réforme stratégique qui vise à injecter la pratique du terrain dans la formation académique, tout en encadrant strictement les conditions d’accès.
A travers le décret n°2026-116 en date du 11 mars 2026, le président de la République, Patrice Talon, autorise officiellement les personnels des forces de défense et de sécurité à intervenir dans les universités publiques du pays.
Selon les dispositions du texte, ces agents peuvent exercer en qualité d’enseignants ou de chercheurs au sein des universités, centres de recherche et autres structures d’application. Sont notamment concernés les éléments des forces armées, de la police républicaine, des douanes ainsi que des eaux, forêts et chasse, ayant un doctorat ou un titre de docteur-ingénieur.
À travers cette décision, l’exécutif entend valoriser les compétences techniques, scientifiques et stratégiques acquises sur le terrain par ces professionnels. L’objectif affiché est clair : enrichir les contenus pédagogiques et rapprocher davantage la formation universitaire des réalités pratiques, notamment dans les domaines sensibles liés à la sécurité, à la défense ou encore à la gestion des crises.
Toutefois, cette ouverture ne signifie pas un accès automatique aux amphithéâtres. Le décret encadre rigoureusement les conditions d’intégration dans le corps enseignant. Les candidats devront satisfaire à des exigences académiques précises et suivre une procédure d’affectation bien définie avant toute prise de fonction.
Par cette réforme, le gouvernement béninois amorce une passerelle inédite entre le monde militaire et l’univers académique. Une orientation qui pourrait, à terme, transformer la qualité de la formation supérieure en y intégrant des savoirs issus de l’expérience opérationnelle.
A. ABALLO