Une victoire sans appel, une mission sans détour : rassembler le Bénin; Le chiffre et le symbole : 63,57 % de peuple, 94,27 % de Nation réconciliée. Un scrutin apaisé, une participation solide, une victoire écrasante : le triptyque du 12 avril. Une victoire large, une participation décisive : le Bénin à l’épreuve d’un nouveau contrat politique.
ROMUALD WADAGNI :LE JOUR SE LÈVE, LA ROUTE COMMENCE
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Par François Comlan
Chronique du 17 avril 2026
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Dans le silence presque liturgique des urnes, où la Nation a, en pleine lumière, élevé ses suffrages comme on dresse une pierre à l’Orient, le Bénin a scellé son choix par une participation souveraine de 63,57 % et un verdict sans appel de 94,27 %, dissipant toute ombre et consacrant l’unité retrouvée.
Et dans cette arithmétique devenue symbole, les initiés reconnaîtront moins une simple victoire qu’un alignement des volontés ; comme si, le temps d’un scrutin, la République avait su se mettre d’accord avec elle-même pour avancer, résolument, plus loin, ensemble.
Le jour s’est levé sur une victoire éclatante, presque irréelle par son amplitude, et déjà le Bénin, rassemblé autour de sa propre espérance, contemple l’ouvrage qu’il vient d’achever.
Car ce 94,27% n’est pas seulement un chiffre : il est, pour reprendre les mots du nouvel élu, « la manifestation d’un consensus national », une sorte d’accord tacite entre le peuple et lui-même.
Dans ce théâtre solennel où l’Histoire tient la plume, Romuald Wadagni n’apparaît plus comme un homme seul, mais comme un produit fini, poli et consacré par la volonté collective.
Et lui, dans un geste rare en politique, a choisi l’humilité comme première parole : « C’est avec humilité que j’accueille ce résultat, fruit de l’engagement des Béninois ».
Ainsi commence toute œuvre durable : par la conscience aiguë que la victoire n’est jamais une propriété, mais un dépôt. Une pierre brute confiée à celui qui devra, patiemment, en parfaire la taille dans le respect du *Grand Œuvre* national.
Sa victoire est collective
Le Bénin, en vérité, s’est reconnu en une jarre trouée, fissurée par ses fractures anciennes, ses silences politiques et ses attentes contrariées.
Et c’est autour de cette jarre que les filles et les fils du pays se sont rassemblés, non pour l’abandonner, mais pour en colmater les brèches, faisant de Romuald Wadagni le point d’équilibre de cette réparation collective.
Il ne doit donc sa victoire ni aux appareils, ni aux sigles, mais à cette convergence populaire qui a transcendé les appartenances.
Le taux de participation, vigoureux, est venu sceller cette vérité : le peuple a parlé, et il a parlé d’une seule voix.
Déjà, certains avaient craint l’indifférence ; mais cette inquiétude, comme l’a reconnu Éric Houndété, s’est dissipée dans la densité du scrutin.
Ce fut moins une élection qu’un rassemblement, moins une compétition qu’une consécration.
Romuald Wadagni l’a compris, et n’a cessé d’y revenir : sa victoire est collective, son mandat devra l’être davantage encore. « Notre plus grande force, dans un monde actuellement instable, réside dans notre unité nationale», a-t-il affirmé, comme on trace une ligne de conduite.
Ces mots ne sont pas de circonstance ; ils dessinent une méthode, presque une discipline intérieure.
Car le pays attend désormais plus qu’une gestion : il attend une réconciliation. Il attend que toutes les voix, même dissonantes, soient invitées à la même table, que la politique cesse d’être une arène pour devenir une chaîne d’union.
Et déjà se profile cette exigence simple et immense : asseoir toutes les filles et tous les fils du Bénin, pour que, vraiment, nous allions plus loin, ensemble.
Les cent premiers jours seront moins un état de grâce qu’un temps de révélation. Le moment où l’homme public se distingue de l’homme d’État, où les mots cèdent devant les actes, où l’on dépouille l’héritage pour révéler l’empreinte.
Car il faudra répondre aux attentes les plus concrètes : que chaque Béninois puisse manger à sa faim, que la jeunesse trouve un emploi, que la sécurité rassure jusqu’aux confins du Nord.
Gouverner,
c’est anticiper les fractures
Sur les routes de campagne, le candidat Wadagni a semé des promesses comme on trace des sillons d’espérance.
À Tanguiéta, il a parlé aux enseignants avec la gravité d’un homme qui sait que l’école est une nation en miniature.
Aux agriculteurs, il a promis de lever les obstacles ; aux femmes commerçantes, d’ouvrir les voies du crédit ; aux jeunes, d’offrir autre chose que l’exil intérieur.
Et toujours cette même musique : avancer plus loin, ensemble, corriger sans renier, amplifier sans rompre.
Car, comme il l’a rappelé avec lucidité, on ne peut pas tout faire du jour au lendemain, mais l’on peut, chaque jour, faire un peu mieux que la veille.
Sa victoire, dit-on dans son entourage, est aussi le fruit d’une alchimie politique rare : ralliements, convergences, et même ce Pacte Républicain qui a su transcender les clivages.
Dès lors, un autre chantier s’impose : donner un point de chute à cette énergie collective, structurer ce qui n’était qu’élan, organiser ce qui n’était qu’espérance.
Car l’absence d’opposition véritable aujourd’hui n’est qu’un silence provisoire ; demain, elle renaîtra des frustrations et des attentes déçues.
Romuald Wadagni le sait, lui qui a arpenté le pays, expliqué, convaincu, parfois prêché : gouverner, c’est anticiper les fractures avant qu’elles ne s’ouvrent.
C’est faire circuler non seulement l’argent, mais la confiance ; non seulement les biens, mais la dignité.
Le jour s’est levé, incontestablement.
Mais la route commence, longue et exigeante, faite d’embûches que seuls le courage et la constance permettent de franchir.
Et si le Président élu parvient à tenir cette promesse simple et immense ; conduire le Bénin plus loin, ensemble, alors il n’aura pas seulement gagné une élection : il aura élevé une nation.
(D’après une Opinion de François Comlan)