(100 % de participation dans son quartier de Sandodo)
Des campagnes de démobilisation qui seraient orchestrées par l’opposition radicale ont failli plonger la capitale dans l’abstention. Informé quelques jours plus tôt desdites manœuvres de sabordage, le président du Conseil des Sages a transformé la menace en mobilisation et sauvé Porto-Novo du désastre.Dans le quartier Sandodo, fief du patriarche, pas un électeur n’a manqué à l’appel : 100 % de participation.
Dimanche 12 avril 2026. Dès les premières heures du matin, les bureaux de vote de Porto-Novo affichaient une fréquentation préoccupante. Derrière cette désaffection apparente se cachait, selon nos informations, une campagne de démobilisation orchestrée par des franges de l’opposition radicale. La capitale béninoise n’a évité le pire que grâce à la mobilisation d’une figure civique de premier plan : Karim da Silva, nonagénaire et président du Conseil des Sages.
Une riposte rapide et organisée
Informé plusieurs jours avant le scrutin des manœuvres en cours, le patriarche passe aussitôt à l’action. Tout au long de la période de campagne, le Conseil des Sages a sillonné le terrain sans relâche, sensibilisant les populations et les invitant à voter pour le développement du Bénin en général, et de Porto-Novo en particulier.
À l’approche du scrutin, Karim da Silva intensifie encore l’effort : il rassemble plus de 2 500 femmes issues des différents arrondissements de la ville, les sensibilise et leur délivre un message clair : aller voter, convaincre leur entourage et ne céder à aucune pression.
Le dimanche matin, après avoir lui-même glissé son bulletin dans l’urne, il parcourt les cinq arrondissements de Porto-Novo, interpellant les habitants et les encourageant à se rendre aux bureaux de vote. Dans son quartier de Sandodo, le bilan est éloquent : 100 % de participation. Un résultat qui ne doit rien au hasard — c’est bien l’ensemble de ce travail de terrain, initié et porté par le patriarche tout au long de la campagne, qui a rendu possible une telle mobilisation.
Un effort collectif
Le nonagénaire n’était pas seul dans cette bataille. Selon nos sources, Amadou Raïmi ainsi que l’ancien et le nouveau maire de la ville ont chacun mené un travail de terrain soutenu, avec un objectif commun : porter la participation à au moins 40 % à l’échelle de la ville. Ces actions conjuguées ont visiblement porté leurs fruits, comme en témoignent les résultats enregistrés par le duo Wadagni-Talata à Porto-Novo.
La journée du 12 avril illustre, au-delà des chiffres, la fragilité du processus électoral face aux stratégies de découragement. C’est finalement la détermination d’un homme de plus de quatre-vingt-dix ans et d’un réseau de femmes mobilisées qui a fait la différence.
Fréjus MASSIHOUNTON