RDC : Un troisième mandat pour Félix Tshisekedi enflamme le débat politique

Afrique

« Mobutu a touché 17 fois la Constitution, …. Au nom de quel principe voudrait-on aujourd’hui nous interdire de la toucher ? »

‎La perspective d’une révision de la Constitution susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi provoque une vive controverse en République démocratique du Congo. Entre défense des partisans du pouvoir et indignation de l’opposition, la question ravive les tensions autour de l’avenir institutionnel du pays.

‎Le débat sur une éventuelle modification de la Constitution refait surface en République démocratique du Congo (RDC). À l’origine de cette polémique, la volonté exprimée par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir depuis 2019, de « toucher » au texte fondamental. Une initiative qui, selon de nombreux observateurs et acteurs politiques, pourrait ouvrir la voie à une candidature du président Félix Tshisekedi pour un troisième mandat.

Elu en 2018 puis réélu en 2023, le chef de l’État congolais est en principe appelé à quitter le pouvoir à l’issue de son second mandat en 2028, conformément aux dispositions constitutionnelles limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Mais l’idée d’une révision constitutionnelle alimente désormais les spéculations sur une possible prolongation de son règne.

‎Cette perspective ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de la classe politique. Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati, s’est publiquement opposé à toute modification de la Constitution visant à permettre un troisième mandat. Une position qui rejoint celle de l’opposition, laquelle dénonce une tentative de remise en cause des principes démocratiques et du respect de l’alternance.

‎Du côté du parti présidentiel, les responsables de l’UDPS défendent la légitimité d’un tel débat. Pour le président du parti, plusieurs dirigeants congolais ont déjà procédé à des révisions constitutionnelles par le passé. « Mobutu a touché 17 fois la Constitution, Laurent-Désiré Kabila l’a modifiée à trois reprises, tout comme Joseph Kabila. Au nom de quel principe voudrait-on aujourd’hui nous interdire de la toucher ? », s’interroge-t-il. Propos relayés dans la journée de ce lundi 9 mars par RFI.

‎Alors que les positions se radicalisent, la question d’une éventuelle réforme constitutionnelle s’impose déjà comme l’un des grands enjeux politiques des prochaines années en RDC.  

‎Aser ABALLO