Faible taux de participation aux législatives 2026 : Le gouvernement donne les vraies raisons

Politique
Au-delà de la répartition des sièges et de la configuration de la dixième législature après les résultats proclamés par la cour constitutionnelle le 19 janvier, un chiffre domine tous les débats : 36,74 % de taux de participation. Un score historiquement bas qui signifie qu’à peine plus d’un électeur béninois sur trois s’est rendu aux urnes. Une situation qui interpelle, inquiète et pose de sérieuses questions sur le rapport des citoyens à la vie politique.
‎Le faible taux de participation observé au scrutin législatif a suscité de nombreuses interrogations. Interrogé à ce sujet, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji a, d’abord, évoqué des « flottements au démarrage » du processus électoral, imputables, selon lui, aux équipes de la Commission électorale nationale autonome (CENA).
‎« Le processus a connu quelques flottements au démarrage de la part des équipes de la CENA. Mais elles sont à pied d’œuvre pour régler tout cela », a-t-il rassuré. Le porte-parole du gouvernement affirme avoir personnellement constaté ces difficultés sur le terrain, précisant qu’il se trouvait encore dans certains centres de vote au moment de l’arrivée tardive du matériel électoral.
Quid des primo-votants
Un important facteur qui explique la baisse de la participation électorale concerne les primo-votants, mieux les citoyens ayant récemment atteint l’âge légal pour exercer leur droit de vote. Le vote ne constitue ni une priorité ni un enjeu personnel pour une frange importante de cette catégorie.  Plusieurs raisons expliquent cette situation, explique le porte-parole du gouvernement.
D’une part, beaucoup de jeunes électeurs n’ont pas encore une réelle notion de l’importance du vote ou de son impact sur la gouvernance et leur quotidien.
D’autre part, un désintérêt général pour les affaires politiques s’observe, et est alimenté par un sentiment de distance entre les décisions politiques et les préoccupations réelles de ces jeunes pour qui, la politique apparaît souvent abstraite, complexe ou déconnectée de leurs aspirations.
Maturité politique croissante des électeurs béninois
‎Outre ces difficultés techniques, le porte-parole du gouvernement a livré une analyse plus politique de la mobilisation observée dans certains centres, en dépit des prédictions pessimistes annoncées avant le scrutin. Pour lui, cette participation, même progressive, constitue un message fort des populations à l’endroit des acteurs politiques et de la nation tout entière. « Sous réserve que cela se déroule ainsi toute la journée et que nous ayons les chiffres officiels, je crois que les populations envoient un signal aux acteurs politiques en général et au pays lui-même », a-t-il souligné.
‎Wilfried Houngbédji estime que cette attitude traduit une maturité politique croissante des électeurs béninois. « Les populations sont prêtes pour le développement. Elles ne veulent plus être embarquées dans des querelles politiciennes stériles », a-t-il affirmé, insistant sur la prise de conscience des citoyens face aux réformes et transformations en cours dans le pays, malgré les efforts qu’elles exigent.
Les réformes politiques et institutionnelles
L’autre facteur déterminant réside dans les réformes politiques et institutionnelles mises en place ces dernières années.
‎Selon lui, en se rendant aux urnes dès les premières heures ou au fil de la journée, les électeurs manifestent leur volonté de soutenir la dynamique nationale. « Les populations comprennent que leurs efforts paient et veulent donner un coup d’accélérateur en sortant massivement pour voter », a conclu le porte-parole du gouvernement.
‎A. ABALLO