Le ministre congolais de la Santé a annoncé ce jeudi matin, 21 mai, dans l’émission Appels sur l’actualité, de RFI un nouveau bilan concernant l’épidémie d’Ebola qui sévit dans une partie de l’est du pays. Samuel Kamba évoque 159 décès probablement dus à Ebola et 626 cas suspects. L’épicentre de cette épidémie reste dans la province de l’Ituri, dans la capitale provinciale Bunia et dans la cité minière de Mongwalu, territoire de Djugu, mais des cas ont aussi été enregistrés dans d’autres localités.
Jusqu’ici, le Nord-Kivu était l’autre province touchée par l’épidémie avec un cas confirmé à Goma et deux cas confirmés à Butembo. Désormais, le Sud-Kivu est aussi concerné. Le groupe armé AFC/M23 qui contrôle une partie de la zone annonce ce matin qu’un cas a été diagnostiqué à Miti, territoire de Kabare. Un jeune homme qui arrivait de Tshopo, plus précisément de la ville de Kisangani, selon le communiqué du groupe rebelle. Deux de ses contacts, malades aussi, ont été placés à l’isolement.
En Ituri, épicentre de la flambée, la situation est compliquée. « Il n’y a pas encore d’action efficace sur le terrain », nous confiait ce matin Florent Uzzeni, de MSF. Le ministre de la Santé, Samuel Kamba reconnait qu’il y a une forte tension hospitalière, mais selon lui, les premiers centres dédiés exclusivement aux malades d’Ebola doivent rapidement être opérationnels : « aujourd’hui ou demain », affirme-t-il.
Des hémorragies moins spectaculaires
Le ministre explique que cette souche d’Ebola différente de la Zaïre qui circule habituellement dans le pays, est plus difficile à détecter. « Pour le variant Bundibugyo, la confirmation se fait par le laboratoire. On ne peut pas confirmer sur base clinique, seulement sur base des symptômes », a expliqué Samuel Kamba, au micro de Juan Gomez, dans l’émission Appels sur l’actualité.
« Contrairement au virus Ebola Zaïre que nous connaissons régulièrement dans notre pays, qui est très spectaculaire, celui-ci est moins spectaculaire, précise aussi le ministre de la Santé congolais. C’est-à-dire qu’il donne la fièvre, il donne une fièvre élevée, très élevée même. Il donne des vomissements, il donne des diarrhées. (…) Ce qui se voit dans beaucoup d’autres maladies, par exemple, le paludisme. Et puis, progressivement peuvent apparaître des hémorragies. »
Difficile aussi car tous les laboratoires ne peuvent pas détecter Bundibigyo. Tous les laboratoires INRB du pays ne sont en effet pas équipé pour cela, ils le sont pour la souche Zaïre. Pour l’instant, on peut compter au moins sur ceux de Kinshasa, Goma ou encore Bunia. Mais le rythme des tests ne permet pas de confirmer tous les cas. Par exemple, il faut plusieurs jours pour que les tests quittent Mongwalu et soient pris en charge à Bunia.