Appel à la libération du professeur Joël Aïvo : 13 enseignants de l’UAC écrivent au président Talon

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Au Bénin, la libération du Professeur Joël Aïvo préoccupe des enseignants de l’Université d’Abomey-Calavi.  Ils sont au total, 13 enseignants de la Fadesp, de la FASHS, de la FSA et de la FLLAC de l’Université d’Abomey-Calavi à adresser une lettre au chef de l’Etat,Patrice Talon.

« Sensibles aux souffrances subies par Joël Aïvo mais aussi sa famille, ses collègues et de nombreuses personnes tant au niveau national qu’international et animés par la ferme volonté de contribuer à un niveau de formation élevé dans nos universités », ces enseignants-chercheurs de droit et de science politique de la Faculté de droit et de science politique de l’Université d’Abomey – Calavi en service ou à la retraite ainsi que les collègues d’autres entités des universités publiques du Bénin sollicitent du président de la république « la mise en œuvre, dans les meilleurs délais possibles, d’un mécanisme juridique tendant à la libération du Professeur Frédéric Joël AÏVO, ancien Doyen de la Faculté de droit et de science politique de l’Université d’Abomey – Calavi ».

Condamné à 10 ans de prison ferme en décembre 2021, pour « complot contre l’autorité de l’État » et « blanchiment de capitaux ».  Joël Aïvo tient le coup et reste debout. C ‘est ce qu’il convient de retenir de son adresse à ses proches et partisans à l’orée de la nouvelle année 2024. « Loin de vous, vous ne me croirez peut-être pas, je tiens le choc grâce à vos prières, à vos bonnes intentions et avec le souvenir de nos débats passés, de nos confrontations manquées », a-t-il écrit. Lire la lettre ouverte des enseignants de l’UAC au président Talon.

APPEL A SON EXCELLENCE MONSIEUR PATRICE TALON, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, POUR LA LIBÉRATION DU PROFESSEUR FRÉDÉRIC JOËL AÏVO

Considérant les fondamentaux de notre Constitution du 11 décembre 1990, modifiée par la loi 2019-40 du 07 novembre 2019 et relatifs, entre autres, au souci pour chaque béninois « d’entretenir avec les autres des relations qui permettent de sauvegarder, de renforcer et de promouvoir le respect, le dialogue et la tolérance réciproque en vue de la paix et de la cohésion nationale. » (art.36),

Prenant en compte votre rôle constitutionnel de père de la Nation et d’autorité suprême incarnant l’unité nationale,

Soucieux de faire bénéficier à sa famille la présence effective du mari, du père, du frère, etc. qu’il est,
Préférant ne pas intervenir sur le fond d’un quelconque dossier examiné par les juridictions,
Sensibles aux souffrances subies par lui-même mais aussi sa famille, ses collègues et de nombreuses personnes tant au niveau national qu’international,

Animés par la ferme volonté de contribuer à un niveau de formation élevé dans nos universités,

Sollicitons de votre haute autorité la mise en œuvre, dans les meilleurs délais possibles, d’un mécanisme juridique tendant à la libération du Professeur Frédéric Joël AÏVO, ancien Doyen de la Faculté de droit et de science politique de l’Université d’Abomey – Calavi,

Ayant à l’esprit vos pouvoirs constitutionnels de garant des décisions de justice, mais aussi des différentes possibilités de pardon juridiquement organisées,

Certains de votre ouverture d’esprit pour tout ce qui touche à la paix, au pardon, à l’unité nationale, au développement de notre pays et à l’harmonie des familles,

NOUS, Enseignants-chercheurs de droit et de science politique de la Faculté de droit et de science politique (FADESP) de l’Université d’Abomey – Calavi (UAC), en service ou à la retraite ainsi que les collègues d’autres entités des universités publiques du Bénin,

Sollicitons de votre haute autorité la mise en œuvre, dans les meilleurs délais possibles, d’un mécanisme juridique tendant à la libération du Professeur Frédéric Joël AÏVO, ancien Doyen de la Faculté de droit et de science politique de l’Université d’Abomey – Calavi,

Vous présentons d’ores et déjà notre gratitude infinie pour ce geste de pardon, de paix et de réconciliation, toutes valeurs auxquelles nous vous savons attaché.

Fait à Abomey-Calavi, le 30 mars 2024

 

ONT SIGNE :

1- M. Ibrahim David SALAMI, Agrégé de droit public, Professeur Titulaire des Universités du CAMES, enseignant-chercheur à la Faculté de droit et de science politique (FADESP) de l’UAC, Avocat au Barreau du Bénin.
2- M. Abdoulaye GOUNOU SALIFOU, Maître-assistant des Universités du CAMES en droit public, enseignant-chercheur à la FADESP.
3- M. Philippe NOUDJÈNOUMÈ, Professeur de droit public à la retraite (FADESP), Président du Parti Communiste du Bénin (PCB).
4- M. Gérard A. AÏVO, Agrégé de droit public, Maître de Conférences des Universités du CAMES, enseignant-chercheur à la FADESP.
5- M. Gilles BADET, Maître-assistant des Universités du CAMES en droit public, enseignant-chercheur à la FADESP.
6- M. François TCHOCA FANIKOUA, Docteur en droit privé, enseignant-chercheur à la FADESP.
7- M. Charles IBIKOUNLE, Maître-assistant des Universités du CAMES en droit privé, enseignant-chercheur à la FADESP.
8- M. Ahmzat GOUNOU KORA, Docteur en droit public, enseignant-chercheur à la FADESP.
9- M. Guillaume MOUMOUNI, Docteur en relations internationales, enseignant-chercheur à la FADESP.
10-M. ETENE Cyr Gervais, Professeur Titulaire des Universités du CAMES en géographie physique, enseignant-chercheur à la FASHS.
11-M. ADJAGBA Philippe, Docteur en cardiologie, enseignant-chercheur à la FSS-UAC.
12-ADJOLOHOUN Sébastien, Professeur Titulaire des Universités du CAMES, enseignant-chercheur à la FSA-UAC.
13- GBAGUIDI Célestin, Professeur Titulaire de Littérature Africaine Anglophone des Universités (CAMES), Enseignant-Chercheur à la FLLAC-UAC.

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