Assemblée générale de l’ONU :  Emmanuel Macron qualifie Gaza de «spectacle qui nous fait honte à tous»

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Les dirigeants du monde entier se rencontrent du 22 au 28 septembre à New York lors de la 81e session de l’Assemblée générale. Après l’ouverture par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, de nombreux dirigeants défilent à la tribune, dont le président américain Donald Trump, avec un discours aux accents triomphalistes et menaçants. Le président français Emmanuel Macron, lui, a critiqué « la loi de la jungle » et la « barbarie », avec également une critique à peine voilée du Conseil pour la paix, créé par Donald Trump. Revivez le déroulé de la première journée de l’Assemblée.

Ce qu’il faut retenir

 Le Moyen-Orient sera le sujet ​majeur des discussions. La guerre lancée contre l’Iran fin février 2026 par les États-Unis et Israël déstabilise la région et alimente l’inflation au niveau mondial. 

 La guerre en Ukraine va également nourrir les débats, le président ukrainien Volodymyr Zelensky ⁠et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sont attendus à la tribune.

 Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a prononcé son dernier discours à la tribune, avec des mots très directs sur le changement climatique. Son second mandat de cinq ans arrive à échéance en décembre 2026. Il devrait s’exprimer sur l’intelligence artificielle (IA) et appeler à une « coordination mondiale » pour faire suite aux mises en garde alarmantes de nombreux dirigeants du secteur.

 Donald Trump a centré son intervention sur plusieurs crises internationales. Sur l’Iran, il a dit devoir choisir entre « anéantir » le pays ou parvenir à un « accord », tout en affirmant que Téhéran « n’aura jamais l’arme nucléaire ». Sur l’Ukraine, il a promis la paix « d’une manière ou d’une autre » et assuré qu’un accord entre Moscou et Kiev arriverait « plus tôt qu’on ne le pense ». Il a également appelé les États membres à quitter la Cour pénale internationale, la qualifiant d’« institution voyou », et annoncé la construction de deux bases militaires au Groenland.

Le président français Emmanuel Macron intervient maintenant devant l’AG de l’ONU

« Il nous faut défendre la justice et l’intérêt commun », affirme Emmanuel Macron. « La question qui nous est posée de manière très simple consiste à savoir si nous voulons vivre dans cet état de nature avec une forme de retour de la loi de la jungle ou dans une société internationale civilisée », poursuit-il. Le président français invite à « tenir droit au cap des Nations unies » afin de décider collectivement.

Emmanuel Macron défend ensuite l’initiative franco-mexicaine visant à encadrer le recours au droit de veto en cas d’atrocités de masse, qu’il juge « plus que jamais nécessaire ». Selon lui, 128 États membres la soutiennent. « Notre devoir, c’est de ne pas céder », insiste-t-il. « Il n’y a pas de paix sans justice », ajoute-t-il.

« La réouverture du détroit d’Ormuz est une priorité », affirme également Emmanuel Macron.

Sur le continent africain, il souligne la nécessité de renforcer la capacité de l’Union africaine et des organisations régionales à jouer pleinement leur rôle en matière de paix et de sécurité. Le chef de l’État met par ailleurs en garde contre la « tentation permanente » du « double standard », qui, selon lui, « divise la planète » et « décrédibilise notre ordre international et notre Charte ».

Sur la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron propose un « double moratoire » sur les frappes visant les infrastructures énergétiques et civiles, de part et d’autre. Il souhaite également un moratoire en mer Noire afin de libérer les exportations de céréales et de préserver la sécurité alimentaire.

Sur Gaza, Emmanuel Macron dénonce « un spectacle qui nous fait honte à tous ». Il réaffirme la nécessité d’une « souveraineté pour les Palestiniens », d’une « souveraineté pour le Liban » et d’une « souveraineté pour la Syrie ». Pour lui, ceux qui prétendent que la sécurité d’Israël passe par la violation de la souveraineté de tous ses voisins commettent « une erreur funeste » et affaiblissent cette sécurité « pour aujourd’hui et pour demain ».

Abordant ensuite le climat et la biodiversité, Emmanuel Macron invite à « ne pas céder à la fatalité en matière de climat et de biodiversité ». Face à la remise en cause de la science, il exhorte à ne « rien céder » et affirme : « Nous devons défendre la science ». Il mise également sur un « multilatéralisme d’action » pour répondre aux enjeux climatiques.

Sur l’intelligence artificielle, le président français avertit : « Ne cédons rien à l’état du monde qui est en train d’émerger sur l’intelligence artificielle ». Il poursuit : « Nous devons construire un modèle frontière en open source. Nous ne pouvons pas dépendre de l’une ou l’autre des deux puissances ».

Emmanuel Macron revient aussi sur les effets des réseaux sociaux : « Nous avons trop tardé à protéger nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux. Partout dans nos sociétés, nous voyons les conséquences ». Il cite notamment une baisse de la capacité à apprendre, des troubles de santé mentale ou encore l’obésité. Macron rappelle les initiatives engagées sur ce sujet et annonce que le Forum de Paris sur la paix, les 10 et 11 novembre, réunira gouvernements, organisations et autres acteurs souhaitant « accélérer l’agenda de la protection » des enfants.

Dans les dernières minutes de son intervention, Emmanuel Macron résume son message : « ne rien céder » face à la division progressive du monde et à « l’esprit de défaite » qui menace les souverainetés ; lutter contre les « abus de pouvoir » de tout genre ; défendre la justice pour tous ; retrouver une efficacité permettant d’établir une paix « juste et durable » ; et renforcer « l’unité entre le Nord et le Sud », notamment autour de l’action climatique et des enjeux technologiques.

« Vive les Nations unies ! », proclame Emmanuel Macron pour clore son discours.

(Avec RFI)